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SUR LA ROUTE DE RÉMI DESBONNET

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SUR LA ROUTE DE RÉMI DESBONNET
24 mars 2021
24 mars 2021

Appelé pour la première fois en équipe de France au début du mois de novembre, Rémi Desbonnet passe une étape de plus dans sa carrière. Un parcours que le gardien de 28 ans s’est construit à la force de son incroyable esprit de compétition. 

"Le jeu." Si vous cherchez le nom du carburant qui anime chaque matin Rémi Desbonnet depuis sa plus tendre enfance, les notions de jeu et de compétition reviennent dans la bouche de chaque interlocuteur. "J’ai rarement vu quelqu’un qui voulait autant gagner que lui", souffle Frédéric Anquetil, son formateur à Montpellier. "C’est un mec qui est tout le temps porté par l’envie de gagner, d’être le meilleur, confirme son coach actuel, Franck Maurice. Que ce soit sur un jeu d’échauffement, sur une série de tirs au poste ou sur un match, il veut gagner. C’est un sportif dans l’âme." Une envie exacerbée de s’imposer qu’il transpose également au quotidien. "Il ne veut jamais perdre… Mais à Fifa, c’est souvent moi qui gagne, sourit son petit frère, Nicolas. Dans ce cas il trouve des excuses, il dit qu’il n’était pas prêt, ou que c’est tout simplement la faute du jeu. Ce n’est jamais lui. (rires)"

Voilà donc pour le combustible qui coule dans les veines du natif de Montpellier. Une envie de vaincre qu’il a d’abord mis au service du club de… hockey-sur-glace de sa ville, avant de bifurquer vers le handball suite à la destruction de la patinoire municipale. Le jeune Héraultais intègre alors le prestigieux MHB, où il migre dans le but dès les -14 ans, avant de grimper toutes les marches jusqu’à l’équipe professionnelle. "Je suis très fier de mon parcours là-bas. Je suis l’un des rares à avoir porté les maillots des -9 ans jusqu’à celui des pros", aime-t-il rappeler. Propulsé dans le groupe dirigé par Patrice Canayer suite à l’affaire des paris, en 2012, il vit une saison prometteuse, marquée par un but en Ligue des champions face à Hambourg. Mais le jeune homme décide tout de même de faire ses valises, poussé vers la sortie par l’arrivée d’un certain Thierry Omeyer. La suite s’écrira de l’autre côté de la Virdoule, à Nîmes. Agé de 20 ans, le gardien un peu fantasque et explosif va y faire sa mue pour devenir l’indéboulonnable gardien numéro 1 de l'USAM. 

Un premier appel chez les Bleus… 

"Il a fait un gros travail sur son mental avec notre préparateur Régis Bardera. Il a fallu agir sur sa capacité à gérer ses frustrations, que ce soit sur un simple jeu, dans un match, sur une saison ou même sur ses objectifs de carrière, décrypte Franck Maurice. Pour le reste, il a toujours été un bourreau de travail physique. Mais il a appris à ne pas tout miser sur ses qualités d’explosivité, il est devenu plus calme, plus entraînant pour ses coéquipiers." S’il parvient à mieux canaliser ses émotions, ne comptez en revanche pas sur ce compétiteur invétéré pour jouer au roi du silence. "Il occupe un espace sonore important dans l’équipe", image son entraîneur dans un sourire. "D’ailleurs, on surveille s’il râle sur l’arbitre durant les matchs, rigole son capitaine, Julien Rebichon. S’il ne le fait pas, c’est qu’il n’est pas dedans." Un constat qui arrive de moins en moins, tant Rémi Desbonnet a gagné en régularité ces dernières saisons, pour devenir membre installé du Top 5 des gardiens de Lidl Starligue. 

"C’est le taulier de notre défense. Rémi est quelqu’un qui a une grosse lecture de shoot, et une capacité d’interception de trajectoire qui est assez exceptionnelle. C’est sans doute pour cela qu’il est aussi très bon au tennis ou au padel. Et cette lecture, il la met parfaitement en place avec sa défense. Il est très précis dans sa relation contreur-gardien, estime son coach. En plus de cela, il est un contre-attaquant de tout premier ordre. C’est un vrai quarterback, avec une vraie capacité de lecture du jeu." Une précision dans la relance qui lui permet de faire trembler les filets ici et là, et compenser un manque qui l’anime depuis tout petit, celui de gambader lui-aussi sur le terrain. "Il rêverait d’être sur le terrain. Et le beach handball lui a ouvert cette porte, glisse son frère, partenaire de jeu sous cet estival maillot bleu. Au début, il a été sélectionné en tant que gardien de but, mais ça fait un ou deux ans qu’il est sur le terrain. C’est un peu sa bulle d’air, il peut ranger le costume de gardien pour s’éclater avec nous."

Une bulle d’air, Rémi Desbonnet en a connu une autre au début du mois de novembre, avec un premier appel en équipe de France, pour un stage à la Maison du Handball. Un vrai soulagement pour le bonhomme de 28 ans, qui n'a plus quitté le groupe France depuis mais attend encore ses premières minutes de jeu. "Il était tout essoufflé quand il nous a appelé, il prévenait tout le monde", sourit le frangin. Cet appel, le Nîmois l’attendait depuis quelques temps déjà. "À un moment donné, ça l’a obsédé. Mais ce n’était plus le cas sur ces derniers mois. Ça a justement fait partie du travail mental qu’il a pu faire. Il avait cet objectif assumé, mais tout en se disant : si ça doit arriver, ça arrivera", conclut Franck Maurice. Et je sais qu’il a déjà switché dans sa tête sur son objectif suivant. Il ne veut pas que cet appel soit un "one shot". L’équipe de France, il faut y mettre un pied, et ainsi voir comment ça travaille. Mais aussi que les entraîneurs puissent voir comment tu travailles. A lui de saisir sa chance." Sur ce point, on est prêt à parier que Rémi Desbonnet ne se contentera pas d’un échec… 

Benoît Conta