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BONS BAISERS DE PLOCK

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BONS BAISERS DE PLOCK
7 avril 2021
7 avril 2021

Désireux de sortir de son confort, Jérémy Toto a choisi de quitter la Lidl Starligue l’été dernier, pour s’envoler vers la Pologne. Outre le dépaysement, le pivot a profité de l’occasion pour prendre une nouvelle dimension. 

"Un grand noir de 2m, 110 kilos, habillé à la parisienne, forcément, je ne passe pas inaperçu." Voilà désormais un peu plus de six mois que les passants de la ville de Plock, cité de 120 000 âmes située au nord-ouest de Varsovie, ont appris à composer avec Jérémy Toto. "Ici, je sens que je suis différent, sourit l’ancien joueur de Saint-Raphaël. Les gens regardent mes cheveux, mes tenues. Forcément, eux, ils ne mettent pas de couleur dans leurs tenues, alors ça leur faire bizarre. Mais ça va, ça reste tranquille.

Si on ajoute à cela un différentiel de température qui va bien au-delà des 20 degrés après son aventure sur la Côte d’Azur, le pivot a forcément un peu souffert pour s’habituer à sa nouvelle vie. "C’était un peu compliqué au début, confirme-t-il. Plock, ce n’est pas Varsovie ou Cracovie, c’est un petit village. Mais j’ai fait de belles rencontres, notamment les propriétaires de mon appartement qui sont vraiment cool. Et puis tout ça fait partie de l’expérience. C’est ce que j’étais venu chercher." Une saison à l’étranger que l’ancien Cristolien a en effet choisi, au terme de son contrat avec Saint-Raphaël. 

Utilisé des deux côtés du terrain 

"Je voulais me mettre en danger, sortir de ma zone de confort. Je n’ai pas d’enfants, pas d’attaches particulières, c’était le moment de le faire, explique-t-il. Je voulais aussi jouer dans une équipe avec un gros palmarès, un coach qui est une vraie référence. Bon, il fait -15° mais il faut bien faire des concessions. (sourires)". Référence du championnat polonais avec Kielce, Plock a donc accueilli celui qui semblait parti pour finir sa carrière en tant que spécialiste de la défense, un poste auquel il a beaucoup été cantonné du côté du SRVHB. 

C’était sans compter sur Xavi Sabaté, qui mise sur Jérémy Toto des deux côtés du terrain. "Je savais que je pouvais être performant en attaque, j’y prends beaucoup de plaisir. J’ai toujours su que je pouvais le faire. Pourquoi je ne le faisais pas avant ? Il faut le demander à mes anciens coachs. Mais là je m’éclate des deux côtés du terrain, et ça va changer un peu mon CV, souffle le Francilien, qui estime également avoir grandi sur le plan du travail personnel. Ici, j’ai découvert une grande rigueur. Il n'y a pas le temps pour faire des petits foots d’échauffement, c’est 2h de séance et c’est tous les jours. Ça m’a fait changer beaucoup de choses dans ma vision du métier."

En Pologne encore au moins un an 

Bien intégré au sein de son collectif, notamment grâce à l’aide des anciens de Lidl Starligue, Alvaro Ruiz et Niko Mindegia, Jérémy Toto participe pleinement à la belle saison réussie par son équipe, à la lutte pour le podium sur le plan national, et bien lancée sur le plan européen puisque qualifiée pour les quarts de finale de l'European League. "On est bien en place sur ce début 2021, notamment grâce à notre belle défense. J’espère qu’on ira jusqu’au Final 4 en Coupe EHF, glisse-t-il. Et puis, en championnat, on a perdu notre premier duel avec Kielce, j’espère qu’on remportera le deuxième. C’est vraiment un truc hyper important ici. C’est un PSG-OM, tu sens que les gens sont vraiment derrière nous, ils nous interpellent dans la rue. Il y a pas mal de pression au club, c’est un vrai derby.

Un derby que l’ancien joueur de Créteil vivra encore la saison prochaine puisqu'après avoir imaginé un retour en Lidl Starligue il a finalement levé son option pour rempiler une année en Pologne. Il s'y sent bien et, à 28 ans, continue de découvrir certaines choses. "Vivre cette expérience en Pologne, où le SMIC est à 600€, ça permet d’avoir une autre vision des choses. On se plaint beaucoup en France, mais on ne se rend pas forcément compte de la chance qu’on a. Par exemple, en France, un test Covid, c’est gratuit. Ici, c’est 70 euros, alors imagine pour une famille… Je pourrais beaucoup moins me plaindre en rentrant.” En plus d’empiler les buts…. 

Benoît Conta