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LA DOUBLE VIE DE THIBAUT VAN DEIK

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LA DOUBLE VIE DE THIBAUT VAN DEIK
18 mai 2021
18 mai 2021

Car il n’y a pas que le sport dans la vie, et qu’il faut préparer l’après, certains sportifs n’hésitent pas à se lancer dans un double projet durant leur carrière. C’est le cas de Thibaut Van Deik, qui continue d’aider à la ferme familiale en parallèle du lancement de sa carrière à Nancy.

Bon, on doit l’avouer, on vous a un peu menti. Ici, normalement, on parle des double vie. Pour Thibaut Van Deik, il serait plus juste de parler de triple vie, voire quadruple vie. En effet, du haut de ses 21 ans, le Mosellan vit des semaines plutôt chargées.

On commence par le principal, le handball, où, depuis le début de saison, il pointe peu à peu le bout de son nez au sein du collectif de Nancy, en Proligue. "L’année dernière, je faisais doublon entre la réserve et l’équipe professionnelle. Cette saison, ce devait être le cas aussi, mais il n’y a plus de réserve. Je suis toujours stagiaire, mais je suis considéré comme le 3e pivot de l’effectif, et je suis plutôt content de ce que je fais. J’ai pas mal de temps de jeu et je suis sur la bonne voie je pense", glisse le solide gaillard de 1,91 m pour 105 kilos, auteur notamment de 6 buts face à Sarrebourg, au mois de mars.

Mais, en attendant un éventuel contrat professionnel, il faut bien assurer ses arrières avec la poursuite des études post-bac. "Imaginons que je me fasse une grosse blessure. Ma saison se termine, je n’ai pas de contrat au bout, je ne trouve pas de nouveau club et le hand c’est fini, glisse le pivot. Et puis même pour ma fin de carrière, je n’ai pas envie de reprendre ça à 35 ans. Je préfère faire mes études alors que je suis encore sur ma lancée." Va donc pour un BTS agricole, par correspondance, à l’AgroSup de Dijon. "Mon père est agriculteur, et mon projet, c’est de reprendre un jour l’exploitation, explique-t-il. Du coup j’ai mes cours à la maison, et je dois faire des stages tout au long de mes deux années."

Les week-ends… à la ferme familiale !

Voilà pour le deuxième volet. Place au troisième, avec un boulot alimentaire, et un contrat de 15h dans une célèbre chaîne de restauration rapide. "Je voulais prouver à mes parents que je pouvais payer mes études, et j’ai trouvé ce contrat qui me permet de bosser le midi, en semaine. Ça se cale parfaitement entre mes deux entraînements. Entraînement-McDo-Entraînement, c’est nickel !", sourit-il. Bon, avec tout ça, on a sorti la calculatrice, et on vous le certifie, ça donne une semaine bien remplie, avec un bon paquet d’heures de boulot au programme. Alors, on vous voit venir, vous attendez désormais le programme loisirs du bonhomme, avec des week-ends oisifs, à naviguer entre les potes et les parties de Fifa.

Perdu ! Le truc de Thibaut Van Deik, c’est plutôt de rentrer à la ferme familiale, pour donner un coup de main au paternel, heureux propriétaire d’un cheptel d’environ 200 vaches, principalement laitières. "Quand on joue à l’extérieur, si ce n’est pas trop loin, je rentre direct. Et le matin à 6h30, je suis à la traite, confirme le joueur de Nancy. Si on joue à domicile, c’est plus simple, je rentre tout de suite après le match. Ce n’est pas une obligation, mais ça me fait du bien de retrouver la campagne." Passez le week-end devant la TV, très peu pour lui. "Je fais aussi la traite du samedi soir, celle du dimanche matin, et après j’ai le temps de me reposer, souligne le futur éleveur. Niveau sommeil, tout va bien, ne vous inquiétez pas. (rires)"

Voilà donc pour les quatre vies du jeune homme. De quoi passer pour un ovni dans le vestiaire nancéien ? "Ils disent que je suis fou, mais ça va, rigole le pivot. Et puis je les emmène à la pêche, à la ferme, je leur fais découvrir mon monde. C’est cool je trouve."  Reste désormais à savoir où s’écrira la suite de la carrière de celui que son capitaine, Yann Ducreux, surnomme "le fashion paysan", si jamais l’aventure à Nancy venait à s’arrêter. "Je ne suis fermé à rien, conclut notre hyperactif handballeur. Je trouverais forcément d’autres façons de m’occuper. Et puis si je trouve une ferme pas loin, je pourrais toujours aller filer un coup de main les week-ends." Pas encore prêt pour une simple vie…

Benoît Conta