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LA DOUBLE VIE D'ANTOINE GUTFREUND

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LA DOUBLE VIE D'ANTOINE GUTFREUND
27 mai 2021
27 mai 2021

Car il n’y a pas que le sport dans la vie, et qu’il faut préparer l’après, certains sportifs n’hésitent pas à se lancer dans un double-projet durant leur carrière. C’est le cas d’Antoine Gutfreund, responsable marketing à l’ASPTT Strasbourg. 

"Être sportif de haut niveau, c’est aussi développer pas mal de compétences sans s’en rendre compte." S’il n’a pas encore 30 ans, c’est avec beaucoup de maturité qu’Antoine Gutfreund analyse le sujet si fondamental de la reconversion chez les sportifs. "Il n’y a pas que les diplômes à mettre en valeur sur un CV, explique-t-il. Quand tu es sportif de haut niveau, tu as déjà une grosse capacité d’adaptation. On a aussi des capacités dans la gestion des émotions, dans le fait de sortir de notre zone de confort. Et puis on a cette capacité de rebondir facilement, et d’avoir une grosse force de travail." Une vision que l’arrière droit de 28 ans, capitaine de Sélestat, en Proligue, cette saison, a pu développer tout au long d’un parcours, où il a toujours (ou presque !) partagé sa vie entre le handball et une vie étudiante ou professionnelle. 

Dès son entrée au centre de formation de Montpellier, le jeune gaucher choisit ainsi d’entamer une licence en management du sport. "Je voulais trouver une forme d’équilibre, et pas me retrouver dans une situation compliquée si jamais ma carrière venait à s’arrêter, se souvient-il. Mais la priorité était tout de même le handball." Un choix payant puisqu’à l’été 2013, l’arrière droit valide sa licence et signe son premier contrat professionnel avec le MHB. "On a aussi décroché la médaille de bronze avec les Juniors lors du Mondial, c’était un bel été", sourit celui qui ouvre alors une période de 4 ans où il va manger, dormir et boire handball.

« Être sportif pro, c’est top quand tout va bien, mais… »

"Ce n’était pas forcément voulu. À Montpellier, le rythme était effréné et je n’ai pas trouvé de Master qui me convenait. Ensuite, j’ai signé à Dijon pour trouver du temps de jeu, et le Master que j’ai choisi - Management et entraînement sportif - m’est vite apparu trop compliqué. Et enfin, la saison suivante, j’ai signé à l’arrache à Sélestat en juin, et je n’ai pas eu le temps de me trouver un Master, glisse-t-il. Mais je me suis formé par moi-même ici et là, notamment en informatique ou sur les langues." C’est finalement un an plus tard qu’il entame un Master en marketing du sport à Strasbourg, pour retrouver son équilibre. 

"Être sportif pro, c’est top quand tout va bien, mais si tu te blesses, ou si les résultats ne sont pas là, ça devient vite plus compliqué. C’est important d’avoir une bouffée d’oxygène, surtout quand tu vis dans ce monde depuis tout petit, comme j’ai pu le faire, considère l’Alsacien. Et puis tu peux un peu plus relativiser tes petits problèmes. Tu te plains un peu moins quand on t’avance ton entraînement de 11h à 9h30 (sourire)." Autant de bonnes raisons de ne pas à nouveau appuyer sur le bouton stop après l’obtention de son Master, en 2019. "J’avais fait un stage d’assistant marketing à l’ASPTT Strasbourg, et le job me plaisait. Ils ouvraient un poste et c’est naturellement que j’ai accepté de faire un mi-temps, tout en continuant à jouer à Sélestat. Ça s'est fait en bonne intelligence des deux côtés.

Et maintenant Bordeaux…

Nommé capitaine du SAHB, l’arrière droit passe pourtant la moitié de son temps à 50km de là, dans la capitale de l’Europe. "Je fais ma muscu en autonomie le midi, ça permet d’éviter des aller-retours. C’est un arrangement qui convenait à tout le monde, et que l’on m’a proposé aussi parce que je n’étais plus un jeune joueur. A 20 ans, je n’aurais sans doute pas eu la maturité de le faire. Mais j’ai montré patte blanche, j’ai montré tout mon investissement et le groupe l’a très bien accepté, estime l’ancien Montpelliérain, qui s'épanouit également dans son nouvel emploi de responsable marketing. Développer le sport, c’est une cause assez noble je trouve. Je m’épanouis vraiment, et je crois vraiment dans ce que je fais.

De quoi aborder l’avenir, et l’après-carrière, avec moins d’angoisses. "Avec ça, je sais que je peux arrêter quand je le souhaite. Je ne me retrouverais pas à devoir accepter un contrat dans une ville ou un projet qui me conviendrait pas. C’est une pression en moins, glisse-t-il. J’ai d’ailleurs déjà réfléchi à arrêter ma carrière sur cette fin de saison." Ce ne sera finalement pas le cas puisque l’arrière droit s’est engagé dans le nouveau projet de Bruges-Lormont, dans la région bordelaise, en Nationale 1. "Il y a le projet de monter rapidement et de créer un gros club pour cette région. C’est quelque chose qui m’a beaucoup attiré, conclut celui qui n’abandonne évidemment pas sa double-vie. Je vais gérer une partie de la communication sur la partie associative, avec pourquoi pas, l’idée d’ensuite prendre plus d’ampleur sur la partie com’ et marketing du club. Et puis je garde quelques missions à l’ASPTT Strasbourg pour assurer une petite continuité. On a mis en place pleins de projets, et notamment une nouvelle appli, et ça m’aurait frustré de m’arrêter en si bon chemin…"

Benoît Conta