Aller au contenu principal

MADE IN HAND TV

NEWS

GRANDES RÉTROS : FRANCE-ESPAGNE (JO 2012)
13 août 2020
13 août 2020

Made in Hand vous propose de replonger dans les plus grandes rencontres des équipes de France. Aujourd'hui, nous vous proposons un retour en 2012, lors de l'irrespirable quart de finale des Jeux olympiques entre les Français et les Espagnols. 



Si les Jeux de Londres ont accouché d'un formidable doublé olympique pour l'équipe de France masculine, quatre ans une première médaille d'or obtenue à Pékin, le parcours dans la capitale anglaise aurait très bien pu s'arrêter avant l'explication finale. Le 8 août, soit quatre ans jour pour jour après le triomphe pékinois, les Français ont rendez-vous avec l'Espagne en quarts de finale. Battus par le Danemark et la Croatie lors du tour préliminaire, les Espagnols n'en restent pas moins un gros poisson cité parmi les favoris du tournoi. Pour les hommes de Claude Onesta, surpris par l'Islande quelques jours plus tôt (29-30), ce match a tout du piège. Les protagonistes se connaissent sur le bout des doigts, certains sont même amis hors des terrains. Les Bleus ne gardent pas que des bons souvenirs des précédentes confrontations et sont surtout sous pression tant une élimination à ce stade de la compétition serait considéré comme un immense échec de l'autre côté de la Manche.

Est-ce cette pression qui coûte aux Tricolores une entame de match catastrophique ? Terriblement inefficaces, les partenaires de Jérôme Fernandez vont attendre plus de 16 minutes avant d'inscrire un but dans le jeu ! Cédric Sorhaindo, Barcelonais depuis déjà deux saisons, libère son équipe mais le retard est encore à ce moment-là de quatre unités (2-6, 17ème). Dans sa cage, Arpad Sterbik, le gardien serbe naturalisé traumatise les tireurs français. Les échecs se multiplient mais grâce une nouvelle fois à Sorhaindo, double buteur juste avant la pause, l'équipe de France n'est pas larguée à la mi-temps (9-12, 30ème).

Pour Accambray le jour de gloire est arrivé...

Pas content de ce qu'il a vu pendant une demi-heure, Claude Onesta décide d'injecter du sang frais sur le terrain. Et William Accambray est particulièrement frais puisque, quinzième homme de la sélection, il n'a pas encore disputé la moindre minute. Rentré dans le groupe quelques heures plus tôt à la place de Guillaume Joli, blessé, l'arrière montpelliérain est déterminé à montrer qu'il vaut mieux qu'un remplaçant de luxe, lequel n'a même pas de place en chambre au village olympique (il dormait sur un matelas posé dans le couloir...). Son bras se met vite en chauffe. Sterbik, qui comptait 12 arrêts à l'issue du premier acte, est mis à mal par les missiles du Cannois. C'est d'ailleurs Accambray, déjà auteur de 4 buts, qui va permettre aux Bleus de prendre pour la première fois les commandes de la partie à moins d'un quart d'heure de son dénouement (18-17, 47ème). Il devient inarrêtable pour la défense espagnole, surprise deux fois de plus dans la foulée par la puissance et la précision de ses tirs. La France a fait le break (20-17, 50ème).

Malgré le changement de dynamique, l'Espagne n'abdique pas. Elle revient dans la partie et à trois minutes de la fin de ce quart de finale irrespirable, le tableau d'affichage indique 22-22. Les ballons commencent à peser très lourd et les attaques se brident. La dernière possession revient aux Bleus. Nikola Karabatic, le crâne bandé, souvenir d'un choc survenu plus tôt, prend ses responsabilités mais trouve encore une fois Sterbik sur sa route. Mais le ballon, repoussé, revient comme par enchantement sur Accambray, lequel, au poste de pivot, va le reprendre en vol pour le propulser dans les filets (23-22). Sterbik est sur les fesses, les Espagnols aussi. A l'ultime seconde de ce choc majuscule, l'équipe de France, revenue d'un départ raté, obtient sa place dans le dernier carré. Son héros s'appelle William Accambray : ''C'est mon premier match aux Jeux olympiques et on se qualifie pour une demi-finale, c'est génial, savoure alors le sauveur de la nation. Quand on m'a demandé d'aller m'échauffer, j'ai eu un ascenseur émotionnel. Je me suis dit : « tu rentres et tu défonces tout ».'' Le coup de poker de Claude Onesta a fait mouche.

Par Régis Aumont