Aller au contenu principal

DES INCERTITUDES À TOUS LES ÉTAGES

MADE IN HAND TV

NEWS

DES INCERTITUDES À TOUS LES ÉTAGES
13 janvier 2021
13 janvier 2021

Dans un contexte rendu très incertain par la crise sanitaire, le championnat du monde débute ce mercredi dans un épais brouillard, comme l'équipe de France qui espère pouvoir jouer un rôle en Egypte.

La 27ème édition des championnats du monde ne ressemblera à aucune de ses devancières. Covid oblige, ce Mondial organisé au pays des Pharaons sera le premier à se dérouler sans public. Le premier aussi à réunir 32 pays, dans une volonté de la Fédération internationale de voir son sport se développer ailleurs qu'en Europe. La participation des Etats-Unis, géant démographique mais nain à l'échelle du handball, était en cela une très bonne chose. Malheureusement, plombés par les cas positifs, les USA, programmés pour affronter la France au tour préliminaire, ont dû déclarer forfait à la veille du match d'ouverture, comme la République tchèque. La Suisse et la Macédoine ont été rappelées dans l'urgence pour faire le nombre, avec moins de quarante-huit heures pour se réunir, effectuer les tests PCR obligatoires et traverser la méditerranée. Voilà qui laisse planer le doute sur le bon déroulement de la compétition, déjà quelque peu faussée par les nombreux forfaits de joueurs, parmi lesquelles beaucoup pour raisons personnelles.

C'est dans cet environnement instable, où la crainte d'être rattrapé par le virus sera le lot quotidien de toutes les équipes, que va s'ouvrir ce mercredi, avec en guise d'apéritif un Egypte-Chili pour le moins exotique, la succession du Danemark. ''Il faut faire avec ce contexte et se satisfaire d’exercer notre sport, indiquait l'arrière Romain Lagarde dimanche soir depuis le fief des Bleus à Créteil. Jouer à huis clos ne change pas les repères. Lorsqu’il n’y a pas d’ambiance, on s’entend bien mieux sur le terrain, c’est un bon point. Nous sommes professionnels et on sait lorsqu’on doit se mettre au combat et à l’attaque.'' Mais pour la première fois depuis très longtemps, l'équipe de France ne figurera pas au rang des grandes favorites. Ses deux dernières prestations face à la Serbie, conclue par une défaite et un match nul, n'ont pas donné de raisons de se rassurer un an après son Euro manqué. Le sélectionneur a changé, l'ancien adjoint Guillaume Gille ayant remplacé Didier Dinart, mais les hommes sont restés les mêmes à de rares exceptions près. Luka Karabatic et Kentin Mahé, blessés l'année dernière, ont effectué leur retour tandis que Hugo Descat et Jean-Jacques Acquevillo, appelé suite au forfait d'Elohim Prandi, sont les deux seuls petits nouveaux.

Atteindre le dernier carré serait une très belle performance

Le jeu des Bleus, dont ils répètent à l'envie qu'il est en ''reconstruction'', a semblé encore loin d'être en place si près de l'échéance mondiale. ''Le niveau de performance n’a pas été au rendez-vous, admet sans difficulté Guillaume Gille, lequel réclame à juste titre du temps pour que les joueurs s'approprient le projet de jeu du nouveau staff. C’est une surprise car on se pensait mieux armés face à cette équipe serbe.'' Dès jeudi contre la Norvège, il faudra pourtant que les Français augmentent sensiblement le volume s'ils ne veulent pas passer une mauvaise soirée au pied des Pyramides de Gizeh où ils disputeront leurs trois rencontres du premier tour. La formule, avec trois qualifiés sur quatre pour le tour principal, leur permettrait de se refaire face à l'Autriche et donc la Suisse en cas d'échec initial. Mais les points d'un tour à l'autre seront comme d'habitude conservés d'où l'importance de ce choc face à Sander Sagosen et sa bande. D'autant que seules deux équipes sur six se qualifieront ensuite pour les quarts de finale, avec sans doute à venir pour les Tricolores des rencontres décisives contre l'Islande et le Portugal.

Tout autre résultat qu'une qualification pour les quarts de finale ne collerait pas avec le pédigrée de l'équipe de France, seule sur terre avec ses six étoiles mondiales. Mais elle n'a plus rien gagné depuis 2017, et ses performances en dents de scie depuis quelques années ne la mettent pas à l'abri d'une élimination prématurée. Sans Nikola Karabatic, opéré d'un genou cet automne, elle aurait bien besoin de se découvrir un patron sur le terrain. Le groupe possède toujours en son sein des individualités fortes (Mem, Fabregas, Remili) mais ne parvient plus à se trouver une identité collective sur le terrain. En cela, ce championnat du monde sera une étape capitale, surtout que le tournoi de qualification olympique arrivera à grands pas après le rendez-vous égyptien (12-14 mars). Mais les Bleus souhaitent prendre les échéances les unes après les autres dans cette saison si particulière. Et Guillaume Gille n'a jamais eu en tête d'utiliser ce Mondial comme d'un laboratoire. ''L’objectif d’une équipe de France qui dispute une grande compétition est inchangé, martèle l'ancien demi-centre, double champion olympique, du monde et d'Europe. A savoir faire en sorte de disputer l’emballage final et être des prétendants au moment où s’effectue la distribution des médailles.'' Atteindre le dernier carré serait déjà pour les Bleus une très belle performance quand on voit à quel niveau évoluent le Danemark, la Norvège, l'Espagne ou encore la Croatie actuellement. Mais s'ils y parviennent, alors les Français pourront se mettre à rêver de renouer avec leur glorieux passé pas si lointain.

Par Régis Aumont