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CHASSER LES DOUTES

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CHASSER LES DOUTES
20 janvier 2021
20 janvier 2021

Après un début de Mondial cahin-caha dans le jeu, les Bleus abordent le tour principal, mercredi face à l'Algérie, avec confiance mais encore quelques incertitudes.
 

On a d'abord vu du bon (contre la Norvège), puis du sérieux (face à l'Autriche) et enfin du très moyen (devant la Suisse). Une petite semaine après le début du championnat du monde, l'équipe de France a chassé quelques-uns des doutes qui l'habitaient avant de partir à la conquête de l'Egypte. Mais pas tous, loin de là, comme l'a rappelé la triste prestation fournie contre les Suisses. ''Une piqûre de rappel'', disaient en cœur le sélectionneur Guillaume Gille et le capitaine Michaël Guigou quelques instants après une victoire étriquée (25-24) acquise contre une formation helvète qui ne doit sa présence au pays des Pharaons qu'au forfait des Etats-Unis quarante-huit heures avant le début de la compétition.

Qu'on ne s'y trompe pas, tous les joueurs français auraient signé pour entamer le tour principal de ce Mondial avec le maximum de points. Après ce qu'ils avaient montré face à la Serbie une semaine avant de passer en mode championnat du monde, personne si ce n'est peut-être eux ne les imaginait dominer la Norvège lors de leur premier match. Mais alors que cette victoire de prestige laissait présager une montée en puissance de l'équipe, enfin libérée, c'est tout l'inverse qui s'est produit, jusqu'à la bouillie de handball proposée lundi soir. Guillaume Gille, le premier, était agacé d'avoir vu les errements constatés au début du mois rejaillir. ''Cette difficulté à imposer notre jeu est circonstancielle et liée sans doute aux états de forme des uns et des autres, dans les duels et les choix, voire une moindre mobilisation, constatait le sélectionneur. Il ne faut pas oublier les ingrédients de base, l’agressivité et la concentration, nécessaires à toute performance.''

Des carences collectives et individuelles

Si les Bleus ont sans doute préservé leur invincibilité grâce à leur état d'esprit et leur solidarité en fin de partie, les insuffisances affichées lors de cette troisième rencontre ne collent pas avec l'image d'un prétendant aux médailles. Et au-delà des difficultés collectives, constatées un coup dans le secteur central de la défense, un coup dans le jeu à 7 contre 6 rarement très productif, un coup dans l'incapacité à créer de bons décalages, certaines défaillances individuelles n'aident pas l'équipe de France à gagner en sérénité. Le poste de gardien de but posait question depuis quelque temps, force est de constater que Wesley Pardin et Vincent Gérard ont fait du très bon boulot depuis le début du tournoi. A Yann Genty, en tribunes jusque-là, de leur emboîter le pas après la grave blessure au genou du gardien d'Aix-en-Provence. Mais d'autres postes demeurent en souffrance, en premier lieu celui d'arrière gauche. Timothey N'Guessan avait été relancé par le staff, mais n'a plus joué depuis sa sortie moyenne face aux Norvégiens en raison de douleurs aux adducteurs. Romain Lagarde n'a pas été beaucoup plus convaincant par la suite alors que Jean-Jacques Acquevillo, novice à ce niveau, n'a pas pesé contre la Suisse.

Si Kentin Mahé est sans doute la grande satisfaction de ce début de Mondial côté bleu, dans un rôle de meneur de jeu qu'il n'a pas toujours occupé, le côté droit de la ligne arrière n'est pas non très rassurant. Dika Mem n'est pas le même joueur qu'à Barcelone, Nedim Remili alterne l'excellent et le médiocre tandis que Melvyn Richardson n'a toujours pas retrouvé son niveau de 2018. Pour aller loin, c'est à dire au-delà des quarts de finale, il sera indispensable que les arrières français se réveillent. Le rendement des ailiers et des pivots est quant à lui plus ou moins conforme à ce que l'on était en droit d'attendre. Pas encore sûrs de leur jeu, les Français doivent voir leur prochain match contre l'Algérie, ce mercredi, comme une nouvelle opportunité de passer la vitesse supérieure.

Sans vouloir faire offense à l'équipe de Kader Rahim, balayée par l'Islande (24-39) et le Portugal (19-26), les deux adversaires suivants des Tricolores, elle ne présente pas plus sinon moins d'arguments que les Autrichiens ou les Suisses. ''Cette équipe vise à engranger de l’expérience sur la scène internationale, note Erick Mathé, l'adjoint de Guillaume Gille. Face à nous il faut s’attendre à une énergie décuplée tandis que nous restons sur une prestation en demi-teinte. On aura aussi à cœur de montrer qu’il s’agissait d’une alerte sur notre parcours et que nous sommes capables de bien nous reprendre.'' Tout autre résultat qu'une victoire paraît inimaginable, mais une fois encore c'est la manière qui sera scrutée en espérant des progrès un peu partout dans le jeu. Car si les Bleus se rapprocheraient encore un peu plus des quarts de finale avec deux points de plus au compteur, c'est bien au-delà des considérations mathématiques qu'ils doivent se projeter pour parfaire leur ''reconstruction'', un an après le crash de l'Euro.

J1 : Suisse - Islande mer 15h30, France – Algérie mer 18h, Portugal - Norvège mer 20h30
J2 : Suisse - Portugal ven 15h30, Islande – France ven 18h, Norvège - Algérie ven 20h30
J3 : Algérie - Suisse dim 15h30, Islande - Norvège dim 18h, Portugal – France dim 20h30
Classement : 1. Portugal 4 pts (+9), 2. France 4 pts (+5), 3. Islande 2 pts (+13), 4. Norvège 2 pts (+2), 5. Suisse 0 pt (-7), 6. Algérie 0 pt (-22)

Par Régis Aumont