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BONS BAISERS DE ELVERUM

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BONS BAISERS DE ELVERUM
14 janvier 2021
14 janvier 2021

Avant d’aborder le Mondial en Egypte, le septième de sa carrière, Luc Abalo a pris quelques minutes pour nous raconter sa nouvelle expérience, lui qui évolue depuis le début de saison à Elverum, en Norvège. 

Il y a un an tout juste, Luc Abalo aurait sûrement souri à l’idée de faire ses valises pour le Mondial en Egypte. Dans la tête de l’ailier droit du Paris Saint-Germain, les choses étaient claires. Les Jeux Olympiques de Tokyo, programmés en août 2020, seraient le point final de son immense carrière. Reste que depuis, un virus au nom désormais mondialement connu est passé par là, et les JO ont été repoussés à l’été 2021. "Ça, plus le fait de ne pas finir la saison dernière avec le PSG ont fait que j’ai décidé de faire un an de plus", souffle "Lucio". En fin de contrat dans la capitale, il faut alors trouver un nouveau point de chute. Adieu la Lidl Starligue, ce sera en Norvège, du côté d’Elverum, que l’imprévisible gaucher décide d’user les derniers baskets de sa vie de handballeur. "C’est un pays qui m’a toujours attiré, notamment pour sa culture. Je m’étais toujours dit qu’une expérience comme celle-là me plairait", glisse-t-il. 

Et après quatre mois en Scandinavie, les voyants sont au vert dans la tête de l’ancien Ivryen. "Mon intégration s’est vraiment super bien passée. Les gens ici sont super cool, très accueillants. J’ai tout de suite senti une belle énergie, explique celui qui a dû dérouiller son anglais. Je n’avais pas l’anglais le plus fluide du monde en arrivant, mais je prends mes marques. Et puis j’ai aussi décidé d’apprendre le norvégien, car quand tu veux découvrir un pays, je trouve que c’est important. Je ne sais pas si je vais réussir, mais je fais les efforts pour." Des efforts qui ne peuvent actuellement pas se traduire dans la vie de tous les jours, les interactions sociales du Français étant limitées à la portion congrue. "J’ai très peu d’activités à l’extérieur à cause du Covid. Quand on joue à l’extérieur en Ligue des champions, on doit par exemple restés dix jours de suite chez nous. On a juste le droit de quitter l’appartement pour aller à l’entraînement, et revenir.

Déjà un nouveau titre au palmarès

Une vie casanière qui sied bien à Luc Abalo. "Je n’ai pas le temps de m’ennuyer, non, confirme-t-il. Je me repose, je m’entraîne, et je suis pas mal au téléphone avec les amis, la famille." Une vie tournée vers le handball, pour profiter pleinement de ce dernier tour de piste. Et le jeu proposé en Norvège est plutôt du goût de l’ailier droit. "Ici, je trouve que les équipes jouent mieux collectivement. Si en France on est très fort dans le jeu individuel, ici, il y a beaucoup d’accent mis sur le jeu collectif, explique celui qui se plaît également à jouer les empêcheurs de tourner en rond en jouant en poste avancé, sur la 5-1 de son équipe. C’est beaucoup de travail, mais ça me plaît vraiment ce rôle, je suis vraiment content." Un épanouissement qui doit beaucoup à Borge Lund. L’ancien demi-centre, jusque-là adjoint en équipe de Norvège, vit sa première expérience à le tête d’un effectif professionnel. "C’est quelqu’un de très "smart . Il est très proche des joueurs et je le trouve super intéressant, notamment sur l’aspect psychologique", décrypte le double champion olympique. 

Du côté de ses coéquipiers, le vieux briscard s’épanouit au milieu de ses jeunes camarades. "J’aime bien le fait d’être encore là, à 36 ans, et de pouvoir continuer à jouer avec cette nouvelle génération. Ce sont des gars qui m’ont suivi lorsqu’ils étaient jeunes, et ça leur fait plaisir de jouer avec moi, comme ça me fait plaisir de jouer avec eux", sourit celui qui a d’ailleurs remporté son premier titre, la Coupe de Norvège, il y a quelques jours, avant de rejoindre les Bleus pour ce Mondial. Une compétition en forme de parenthèse, que le joueur compte vivre sans nostalgie. "Si je compte profiter de mon dernier Mondial ? Mais j’ai toujours profité tout au long de ma carrière, conclut-il, avant de se prononcer sur le parcours à venir des Bleus. L’erreur que l’on pourrait faire, c’est de se mettre trop de pression. On a une nouvelle équipe, et il faut avant tout profiter et chercher à prendre du plaisir. Il y a beaucoup de monde sur la ligne de départ, on en saura un peu plus après une semaine de compétition."

Benoît Conta