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GRANDES RÉTROS : FRANCE-NORVÈGE (MONDIAL 2017)
28 juillet 2020
28 juillet 2020

Made in Hand vous propose de replonger dans les plus grandes rencontres des équipes de France. Aujourd'hui, nous revenons en 2017, lors de la finale du championnat du monde opposant les Bleues aux Norvégiennes. 


 

Il y a de l'électricité dans l'air ce 17 décembre 2017, jour de finale du championnat du monde féminin disputée à Hambourg, mais aussi des doutes légitimes dans la tête des joueuses françaises avant d'affronter la Norvège. Surtout chez les plus anciennes – Siraba Dembélé, Camille Ayglon-Saurina, Allison Pineau, Cléopâtre Darleux et Amandine Leynaud -,  toujours vaincues lors des trois grandes finales qu'elles ont disputées : Mondiaux 2009 et 2011, JO 2016. Alors forcément, à l'heure de se mesurer à l'ogre scandinave, référence du handball féminin depuis le début des années 2000, les Bleues n'en mènent pas large. Elles sont néanmoins montées en puissance tout au long du tournoi. Après une défaite d'entrée face à la Slovénie (23-24) qui aurait pu atteindre leur moral, les Françaises ont su rebondir. Malgré leur deuxième place au premier tour, les filles d'Olivier Krumbholz, de retour aux affaires depuis un an et demi, héritent d'un tableau favorable dont elles sauront tirer profit. Sans jamais survoler les débats, elles éliminent tour à tour la Hongrie (29-26), le Monténégro (25-22) et la Suède (24-22) pour s'ouvrir les portes de la finale. 

Dans la Barcrlaycard Arena où plus de 11 000 spectateurs se sont amassés, avec une grosse colonie de supporters norvégiens, l'équipe de France voit donc se présenter en face d'elle les Nora Mork, Heidi Loke et autres Stine Oftedal. Archi favorite de ce championnat du monde, la Norvège, tenante du titre mais aussi lauréate des deux derniers championnats d'Europe, a tenu son rang. Si ce n'est un couac contre le voisin suédois, elles ont laminé tous leurs adversaires du premier tour. Et dans le tableau final, l'Espagne (31-23), la Russie (34-17) puis les Pays-Bas (32-23), pourtant de sacrés morceaux, ont tous volé en éclats. La France attaque donc la finale avec méfiance mais avec une féroce volonté de déjouer les pronostics. L'entame de match laisse toutefois craindre le pire...

Dembélé : ''J'en avais marre de perdre des finales''

Car la grande force des Bleues, la défense, est bien perméable dans les premières minutes. Veronica Kristiansen s'en donne à cœur joie pour punir des Tricolores déjà menées de trois buts après douze minutes (4-7). Sentant ses filles crispées, Olivier Krumbholz pose un temps-mort pour leur demander de lâcher les chevaux. Le message est bien reçu par les Françaises beaucoup plus dans le rythme. En à peine plus de cinq minutes, elles recollent au score (8-8, 19ème) et prennent même les commandes après un puissant tir lointain de Kalidiatou Niakaté (10-9, 23ème). Un petit avantage que l'équipe de France conserve à la mi-temps grâce notamment à quelques belles parades signées Amandine Leynaud (11-10, MT). Le début de la seconde période est tout le contraire de la première. Les Bleues vont pour la première fois de l'après-midi prendre trois longueurs d'avance après un superbe tir d'Allison Pineau (15-12, 36ème). Mais il ne faut pas plus de cinq minutes aux Scandinaves pour remettre les compteurs à zéro (16-16, 41ème) ! S'en suit alors une fin de partie irrespirable avec deux équipes très proches l'une de l'autre et incapables de prendre un véritable ascendant. L'écart ne dépasse plus les +1 et à l'entrée dans les cinq dernières minutes il est impossible de savoir qui va l'emporter (19-19, 55ème). 

C'est alors que va surgir Orlane Kanor, à peine 20 ans et en sélection depuis seulement quelques mois. La jeune et athlétique arrière gauche va prendre ses responsabilités et marquer deux buts – comme Allison Pineau - qui vont permettre à l'équipe de France de faire la différence dans le money-time. La Norvège, notamment trahie par ses gardiennes (4 arrêts), est à terre. ''C'est la bonne, je suis trop contente, jubile la capitaine Siraba Dembélé. J'en avais marre de perdre des finales." Quatorze années après son premier sacre en Croatie, l'équipe de France monte pour la deuxième fois sur le toit du monde. Dix mois après son homologue masculine. Et pour la première fois depuis 1982, à l'époque l'URSS, un pays détient les deux couronnes planétaires. Le handball français est alors le roi du monde.

Par Régis Aumont