Aller au contenu principal

LA DOUBLE VIE D'AUDREY DEROIN

MADE IN HAND TV

Stories

LA DOUBLE VIE D'AUDREY DEROIN
14 avril 2021
14 avril 2021

Car il n’y a pas que le sport dans la vie, et qu’il faut préparer l’après, certains sportifs n’hésitent pas à se lancer dans un double projet durant leur carrière. C’est le cas d’Audrey Deroin, qui met sur les rails son avenir dans le monde du vin. 

"Un Château Bellegrave. Un Pomerol." Voilà donc la bouteille qui aura fait basculer le destin d’Audrey Deroin. "Je l’ai dégustée avec Olivier Krumbholz, se souvient l’ailière droite. Et ça a été un vrai coup de cœur. J’ai tout de suite voulu en savoir plus. Il me fallait une formation pour savoir parler du vin, savoir le déguster. Je me suis dit que je voulais travailler dedans plus tard." Une décision qui intervient alors que la jeune femme a jusque-là exploré de nombreuses pistes. "J’ai un tempérament assez actif, sourit la joueuse formée à Issy-les-Moulineaux. Je ne voulais pas faire que du handball car le handball, c’est un peu les montagnes russes niveau émotions. Un coup tout est rose, un coup rien ne va. Alors allez à l’école, ça m’a permis de parler d’autre chose, de sortir de cette bulle sportive."

Alors l’hyperactive francilienne a butiné à droite à gauche. "Oula j’ai un peu tout fait, je suis partie dans tous les sens, rigole-t-elle. J’ai voulu être pompier ou faire une formation pour être infirmière. Il y a aussi eu la fac de psycho. Au final, j’ai eu un DUT « tech de co », et une licence en création d’entreprise." De quoi pleinement occuper l’emploi du temps de l’internationale tricolore, qui décroche dans le même temps deux médailles d’argent mondiales, en 2009 et 2011. Un parcours sportif réussi pour celle qui passe dans les clubs de Mios-Biganos, Toulon et même une courte expérience à Thüringer, en Allemagne. À son retour, la joueuse s’engage avec Dijon, dans une région où le vin a toute son importance. "C’était déjà lié à ma passion naissante", reconnaît la gauchère. 

Pour le moment, une maman comblée…

Au sortir de son aventure en Bourgogne, la jeune femme décide de s’engager avec Mérignac, alors en deuxième division. D’une région viticole à l’autre, c’est le moment choisi par Audrey Deroin pour passer sa formation de sommelière. "Ça m'a permis de pousser mes connaissances sur les appellations françaises, de savoir en parler pour mieux vendre le vin. Il y a toute une histoire autour du vin, tout un travail, de celui du vigneron à celui de l’œnologue. Tout ça, j’y ai vite pris goût." Le diplôme en poche, la Bordelaise d’adoption envisage de poursuivre sur cette voie avec une formation pour devenir bilingue. "Je veux avoir la tchatche aussi en anglais", rigole-t-elle. Un deuxième étage dans la fusée de la reconversion qui a depuis pris un peu de retard… 

"Amaïa est arrivée, sourit la jeune maman. Et ça prend beaucoup, beaucoup de temps. Alors avec tous les déplacements que l’on a, je veux pour le moment profiter de mon bébé. Et puis mon corps fatigue, je ne peux plus être partout. Alors pour le moment, j’ai un peu tout mis entre parenthèses et je profite au taquet de ma vie actuelle. Et puis élever un enfant, c’est un métier ! (rires)" Le temps de boucler sa carrière, le vin redevient donc momentanément une passion. "Avec mon compagnon, qui est cuisinier chez Philippe Etchebest, on s’entraîne.  Il teste des plats, et moi je trouve les accords, conclut celle qui envisage un futur dans la peau d’une commerciale, d’ici trois ou quatre ans. J’aimerais faire connaître de petites appellations. Montrer qu’il y a des petites pépites un peu partout. Pour passer à cette nouvelle vie, j’aimerais trouver un club qui me permettrait de faire les deux, car je ne pourrais pas couper d’un coup." Le message est passé… 

Benoît Conta