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GRANDES RÉTROS : DANEMARK-FRANCE (EURO 2014)
20 juillet 2020
20 juillet 2020

Made in Hand vous propose de replonger dans les plus grandes rencontres des équipes de France. Aujourd'hui, on se retrouve lors de l'Euro 2014 au Danemark, à l'occasion de la finale que les Bleus disputent face au pays hôte. 

Il fait chaud, très chaud, en ce dernier dimanche du mois de janvier dans la Jyske Bank Boxen d'Herning, théâtre de la finale de l'Euro 2014. Les 14 000 spectateurs présents sont presque tous vêtus de rouge pour ne faire qu'un avec la sélection danoise impériale depuis le début du tournoi. Après avoir passé à la moulinette quelques-unes des meilleures équipes du continent (Espagne, Croatie, Islande...), les Danois, tenants du titre, sont galvanisés à l'heure d'affronter l'équipe de France pour l'affiche que tout le monde espérait. Les Français, eux aussi bien dans leurs baskets et sortis indemnes d'une demi-finale crispante face aux Espagnols (30-27), avaient abordé le championnat d'Europe avec moins de certitudes que par le passé. Les retraites de Didier Dinart et Daouda Karaboué, les forfaits de Bertrand Gille et Xavier Barachet, avaient laissé des vides difficiles à combler dans un groupe habitué à dominer son sujet depuis déjà presque dix ans.

Malgré cela, hormis une défaite contre la Suède (28-30) sans conséquence à la fin du tour principal, les Bleus avaient merveilleusement bien mené leur barque. Les cadres de l'équipe, à l'image de Nikola Karabatic, marchaient sur l'eau tandis que Valentin Porte et Luka Karabatic, à l'époque jeunes internationaux, se révélaient au grand jour. Reste que la dernière marche, face à un adversaire invaincu et terriblement efficace, dans une salle où la centaine de supporters français aurait du bien mal à se faire entendre, semblait bien haute. La finale débuta néanmoins d'une drôle de manière. L'indéboulonnable Thierry Omeyer détournait les deux premiers tirs danois, ses partenaires se mettaient au diapason, à l'image de Michaël Guigou et Daniel Narcisse, et la rencontre prit assez vite des allures de cavalier seul. Après vingt minutes de match, les Tricolores avaient déjà marqué 17 buts. Ils en comptaient dix de plus que leur adversaire (7-17, 20ème). Secoués, dépassés, les champions d'Europe en titre étaient en train de revivre le cauchemar de la finale du Mondial 2013 perdue un an plus tôt dans les grandes largeurs face à l'Espagne (19-35).

Karabatic à la baguette, Guigou à la finition

Une petite réaction des partenaires de Mikkel Hansen – meilleur réalisateur de son équipe (9 buts) – allait permettre au pays hôte de réduire un petit peu l'écart à la mi-temps (16-23, 30ème). Mais les Français, laissés sous pression par un Claude Onesta toujours intransigeant, ne desserraient pas l'étau après le repos. ''Ils étaient sous l’eau, et on ne leur a jamais laissé l’opportunité de reprendre de l’air'', se félicitera plus tard le volubile sélectionneur. Thierry Omeyer effectuait encore quelques arrêts, 12 au total, quand son vis-à-vis Niklas Landin, pourtant une référence lui aussi, passait totalement au travers de sa finale (4/26). Nikola Karabatic réalisait un chef-d'oeuvre, avec 5 buts mais surtout 10 passes décisives, justifiant pleinement son titre de MVP de ce championnat d'Europe. Michaël Guigou, cinquième meilleur buteur du tournoi, régalait à la finition (10 buts). Les Danois n'allaient jamais réussir à se rapprocher à moins de sept buts lors de la seconde période. Le festival offensif des Bleus, devant une assistante totalement éteinte, s'arrêta à 41 (32-41), un nouveau record de buts pour une équipe lors d'une finale d'une grande compétition internationale.

Arrivée dans la peau d'un outsider, avec un collectif quelque peu remanié douze mois après un championnat du monde décevant (élimination en quarts de finale contre l'Espagne, ndlr), l'équipe de France réussit un véritable coup de maître en ce début d'année 2014. ''On a fait une compétition magique au niveau du jeu qu'on a produit. On n'a jamais aussi bien joué'', lâchera même Nikola Karabatic. La démonstration faite en finale étant la cerise sur le gâteau de l'une des performances les plus abouties des Experts, relancés vers des sommets qu'ils tutoieront encore les années suivantes.

Par Régis Aumont