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ANTI : ''JE SUIS CONTENT DE REVENIR''
20 septembre 2020
20 septembre 2020

Après un exil d'un an du côté de Lisbonne, Thierry Anti est de retour un petit peu plus tôt que prévu sur les bancs de la Lidl Starligue. Avec toujours, à 61 ans, l'envie et le plaisir d'entraîner. 

Qu'avez-vous appris de votre première expérience à l'étranger ?
J'ai souvent été en contact avec l'étranger durant ma carrière. Je me suis imprégné de ce qui se faisait ailleurs qu'en France, j'ai beaucoup voyagé avec les coupes d'Europe. Cette saison passée à Lisbonne a été une très bonne expérience. Frustrante car raccourcie et perturbée par la crise sanitaire, mais ces huit mois que j'ai passés au Portugal ont été très enrichissants. J'arrive mieux désormais à comprendre les problèmes au quotidien que peuvent rencontrer certains joueurs, ou entraîneurs, lorsqu'ils découvrent un nouveau pays. On est tellement bien en France, tellement dans une forme de confort, que lorsque l'on part comme ça on se met à nu. En fait j'ai surtout appris à mieux comprendre les autres. 

Etes-vous content de retrouver la France ?
Oui. Je suis content de revenir dans le handball français. Je savais que j'allais y revenir depuis que je m'étais mis d'accord avec Aix, mais ce ne devait être qu'en 2021. Quand les dirigeants sont venus me voir au mois de janvier, j'y ai été très sensible. J'ai donné ma réponse assez vite. Ensuite ils sont revenus vers moi en me disant qu'avec la situation (le départ de Jérôme Fernandez, ndlr) cela allait être assez compliqué. J'ai fait énormément d'efforts pour pouvoir venir dès cette année. J'aurais très bien pu faire ma deuxième année au Portugal, c'était mieux pour moi à plein d'égards. Cette arrivée n'était pas prévue si vite, mais je ne suis pas quelqu'un qui fuit ses responsabilités. J'ai donc accepté le projet avec un petit peu d'avance.

''Mon palmarès, aujourd'hui, c'est presque secondaire''

Comment s'est passé votre départ de Lisbonne ?
Ça a été difficile parce que le club ne voulait pas me laisser partir. Et, sans aucune prétention, j'étais énormément apprécié là-bas. Par les joueurs, par les dirigeants, par les supporters... J'ai fait l'effort d'apprendre le portugais et les joueurs ont été très sensibles à cela. C'était pour eux catastrophique que je m'en aille. Ils voulaient me garder longtemps. 

Que vous manque-t-il encore dans votre carrière ?
J'ose espérer que je n'ai pas laissé passer ma chance parce que j'ai disputé quatre finales de coupe d'Europe et je n'en ai pas gagné une. C'est un petit manque. Est-ce que j'aurais une autre opportunité d'ici la fin de ma carrière d'en rejouer une ? J'ai toujours cette idée-là dans la tête. Bon là on vient de se faire éliminer au premier tour... Sinon j'ai connu beaucoup de choses. J'ai gagné des trophées. J'aurais pu en gagner plus. Je suis tombé sur la grande domination de Montpellier puis sur celle du PSG. Dès que la porte était un peu entrouverte j'ai essayé de faire des coups. Je pense que j'en ai fait. J'aurais pu en faire un peu plus mais je n'ai aucun regret. Mais aujourd'hui, dans ma façon de voir les choses, mon palmarès c'est presque secondaire. Je vis des moments très forts en tant qu'entraîneur. La rencontre avec des gens, des clubs, des régions, tout ça autour de l'amour du handball. Plus jeune on a une autre mentalité. On a envie de tout gagner, on veut écraser tout le monde, montrer qu'on est le meilleur. Ce n'est pas qu'aujourd'hui je ne veux pas gagner. Mais le plus important c'est de bien vivre mon métier, de faire plaisir aux joueurs, aux gens qui m'on recruté et d'amener du bonheur. 

Qu'est-ce qui vous fait encore avancer ? 
Je ne tricherai pas. Je sais qu'à un moment donné je serai fatigué. Alors j'arrêterai d'entraîner. Mais là avec Aix je prends un plaisir incroyable de faire les entraînements, de les préparer, de les animer et de les vivre avec les joueurs. Tant que j'ai ça il n'est pas question que j'arrête. 

Propos recueillis par Régis Aumont