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AU CŒUR DES SUPPORTERS : LE 8ème HOMME
1 juin 2020
1 juin 2020

Derrière leur équipe dans les bons et les mauvais moments, les supporters ne sont pas toujours mis en lumière. Made in Hand a voulu leur rendre hommage à travers une série qui fera découvrir quelques-uns des groupes les plus emblématiques du handball français.

Les soirs de match, à Coubertin, on entend souvent chanter à tue-tête les Ultras du PSG. Massés derrière un but au deuxième étage des tribunes, ils envoient des décibels une heure durant pour encourager leur club. Mais collés à eux, dans une tribune latérale cette fois, cohabite le 8ème Homme, un groupe de supporters créé en 2012 lorsque le PSG Handball a pris le relais Paris Handball. Une association qui compte aujourd'hui une trentaine de membres ''plus ou moins actifs'', nous renseigne Pascal, l'un des piliers du 8ème Homme. S'il admet qu'une légère baisse des adhérents a coïncidé avec l'arrivée des Ultras dans le hand, le jeune retraité décrit ''une relation cordiale'' entre les deux groupes à défaut d'unité. ''Disons qu'ils ont leurs chants propres aux Ultras parisiens et que nous on a les nôtres. Mais nos rapports sont bons, même s'ils ont pris un ascendant sur nous. Et on ne peut pas dire depuis leur arrivée à Coubertin qu'ils ne mettent pas d'ambiance.''

Dans cet écrin d'un peu plus de 4 000 places, retrouvé en 2016 après un déménagement temporaire dans la vétuste Halle-Carpentier, le 8ème Homme essaie de se faire entendre pour encourager les stars de la capitale. ''L'ambiance est mitigée, concède toutefois Pascal, par ailleurs trésorier d'un groupe qui flirtait avec les 50 membres à une époque. Malgré nos efforts, dans certains matchs on a un public terne et, à la différence des clubs comme Nantes ou dans d'autres pays, comme la Hongrie, il n'y a pas la même ferveur. Il y a beaucoup d'invités qui viennent plus assister à un spectacle que soutenir nos couleurs.'' Le pédigrée de l'adversaire peut néanmoins changer la donne. ''Pour les matchs de prestige et en Ligue des champions, la salle peut se transformer en fournaise pour les visiteurs'', précise-t-il. Comme lors du mémorable quart de finale retour face à Kielce l'année dernière pour lequel il y avait ''une osmose générale de tout le stade. Tout le monde poussait derrière les joueurs. Même si à la fin ça s'est mal terminé.''

Abalo comme chouchou

Au club, le 8ème Homme a des interlocuteurs ''pour discuter des besoins et des améliorations à apporter afin que le PSG puisse avoir un groupe de supporters pour tous ses matchs (les Ultras ne sont pas toujours présents, ndlr).'' Les membres peuvent aussi de temps en temps voir les joueurs, ''au sortir des matchs à Coubertin ou lorsque le groupe effectue des déplacements, sinon autour d'un pot à la fin d'entraînements en fin de saison.'' S'ils ''adorent tous les joueurs'', Pascal ne cache pas que Luc Abalo, avec huit saisons passées à défendre les couleurs du club, avait un soutien particulier, comme les jeunes pousses qui évoluent à longueur de saison aux côtés des Sagosen, Hansen ou autre Corrales.

Le gardien espagnol, le meilleur de Lidl Starligue cette saison, va d'ailleurs quitter Paris cet été pour rejoindre Veszprem. Un déplacement qui, en 2017, a marqué la vie de supporter de Pascal. ''La salle était totalement acquise à la cause des locaux et bien que refroidie par notre victoire, le public a continué à manifester le même soutien pour son équipe. Je crois que je n'ai vu ça qu'au handball.'' Le souvenir d'un déplacement à Cologne, lors de a première participation de Paris au Final Four de la Ligue des champions, en 2016, restera également gravé dans les mémoires du 8ème Homme. ''Nous avons découvert une ambiance phénoménale dans l'enceinte de la Lanxess Arena, se souvient Pascal. Et même en dehors avec les supporters, bien que nous ne parlions pas la même langue.'' Dans cette période de vaches maigres pour les supporters, la perspective de pouvoir retourner à la grande messe du handball exceptionnellement à la fin de l'année réchauffe les cœurs du 8ème Homme.

Par Régis Aumont