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AU CŒUR DES SUPPORTERS : LES ULTR'H
14 mai 2020
14 mai 2020

Derrière leur équipe dans les bons et les mauvais moments, les supporters ne sont pas toujours mis en lumière. Made in Hand a voulu leur rendre hommage à travers une série qui fera découvrir quelques-uns des groupes les plus emblématiques du handball français.

A Nantes, deuxième de Lidl Starligue cette saison, les matchs à guichets fermés sont devenus la norme. La croissance du club de Gaël Pelletier, passé de la deuxième division (2008) à la finale de la Ligue des champions (2018) en dix ans, s'est faite à tous les niveaux, y compris dans les tribunes. Après avoir fréquenté la salle municipale de la Trocardière pendant trois saisons, le peuple violet est revenu l'année dernière au Palais des Sports de Beaulieu rebaptisé H Arena à l'occasion. C'est dans cet écrin de près de 6 000 places que se réunissent à chaque réception les Ultr'H, les bouillants supporters nantais. Un groupe de supporters assez neuf, mais sur une belle dynamique à l'image du club ligérien. ''À nos débuts, en 2017, Ultr'H comptait une poignée d'adhérents dans ses rangs, nous présente Mickaël, le président du kop nantais. Le chiffre ne cesse d'augmenter de saison en saison. Aujourd’hui nous sommes 64 adhérents dans l’association.''

Parrainés par Rock Feliho, l'emblématique capitaine de l'équipe fanion, les Ultr'H se sont rapidement fait une (bonne) réputation dans le petit monde du handball. L'ambiance effervescente de la H Arena, les tifos colorés qui l'habillent à chaque représentation, font que Nantes est vite devenu une référence dans le milieu. ''Je pense que Nantes est l'une des plus belles ambiances de France et d'Europe, dans le monde du hand, lance Samuel, le responsable de la commission tifo. Dans une H Arena souvent à guichets fermés et avec un public de passionnés, notre groupe de supporters participe à cette ambiance en créant des tifos et diverses animations afin de pousser nos joueurs vers la victoire.'' ''L’ambiance est extraordinaire, certaines personnes y viennent pour la première fois et en deviennent accrocs…'', surenchérit Mickaël.

''Le club nous soutient et nous laisse totale liberté dans la limite des règles de sécurité''

Il y a aussi une vie en dehors de Nantes pour les Ultr'H. On se souvient de leur présence à Cologne lors du Final4 de la Ligue des champions en mai 2018, un an à peine après leur création. Un souvenir impérissable pour leur président. ''C’était déjà formidable d’y aller, on ne s’attendait pas à battre le PSG et finir vice-champion d'Europe. En demi-finales nous avons vécu une expérience supporters exceptionnelle, se souvient-il. Avec une intensité et un palpitant qui joue les montagnes russes… C’est bien la première fois que j’ai versé une larme de joie pour du sport en fin de match au milieu d’une enceinte de 20 000 personnes en furie.'' Ils avaient fait du bruit ce week-end là au milieu des nombreux spectateurs allemands massés dans la Lanxess Arena. Mais toujours dans la joie et la bonne humeur.

''C'est une chose importante pour nous, Ultr'H, de créer des relations amicales avec les autres supporters, dans nos différentes rencontres, souligne Samuel. Nous ne cherchons pas l'opposition, mais plutôt le partage, l'échange et vivre des moments de convivialité qui nous rassemblent. Nous ne supportons pas le même club, mais la rivalité ne doit pas effacer le respect.'' En France, Mickaël a une préférence pour les rencontres face aux stars du Paris Saint-Germain ''car ils on une grosse équipe, et vue que l’on est des guerriers, forcément on aime se confronter contre les plus forts ! Mais aussi Montpellier par exemple, car c’est toujours des matchs serrés et intenses...''

Et puis, après le coup de sifflet final, la communion avec les joueurs se poursuit parfois au-delà du terrain. ''Nos rapports sont très conviviaux et familiaux, raconte Mickaël. Nous sommes ensemble pour le meilleur et pour le pire. Nous avons des contacts réguliers avec le club et les joueurs. Le club nous soutient et nous laisse totale liberté dans la limite, bien sûr, des règles de sécurité.'' En ces temps de disette, puisque les salles devraient rester fermées au public au moins jusque la fin du mois d'août, l'activité est forcément fortement réduite. ''C’est long…, soupire Mickaël. Mais on n'a pas le choix donc il faut faire avec. On en profite pour préparer la saison prochaine, en espérant pouvoir revenir le plus vite possible en tribunes.''

Par Régis Aumont