Aller au contenu principal

MADE IN HAND TV

NEWS

LA SAISON DU DOUTE
24 septembre 2020
24 septembre 2020

Sous la menace permanente de la dégradation de la situation sanitaire, la Lidl Starligue repart ce jeudi dans un nouveau format élargi et avec un tenant du titre, Paris, largement renouvelé.

Preuve que la saison ne sera pas comme les autres, la première journée de Lidl Starligue, qui s'ouvre ce soir avec deux premiers matchs, est déjà perturbée par un report causé par le Covid-19. Créteil, touché par plusieurs cas, et Dunkerque sont donc invités à patienter une semaine supplémentaire avant de renouer avec une compétition brutalement interrompue au début du mois de mars. La crise sanitaire, au menu de toutes les discussions dans les comités de direction depuis plus de six mois, impactera certainement la saison. La Ligue Nationale de Handball a d'ailleurs anticipé, en annonçant en début de semaine son plan B au cas où le calendrier deviendrait intenable. Il faut dire qu'avec un an d'avance, contexte oblige, le championnat de France est passé de 14 à 16 clubs avec les promotions de Cesson, un revenant, et Limoges, un petit nouveau plein d'ambitions. Trente journées sont donc au programme d'ici au 4 juin, et dans une saison par ailleurs marquée par un championnat du monde et des Jeux olympiques, les dates de report ne seront pas légion.

D'ici-là, beaucoup de choses peuvent se passer. Les nouvelles directives du gouvernement, tombées mercredi soir, n'ont rien de très encourageant. Mais les clubs, impactés par la crise économique, ont un besoin vital de jouer. Après des préparations très longues, les joueurs, soumis à un protocole sanitaire assez strict, ont des fourmis dans les jambes. ''On a hâte que ça commence'', peut-on entendre partout. C'est donc ce soir que les premiers vont pouvoir se défouler alors que les derniers devront patienter jusque dimanche. C'est une autre nouveauté, l'éclatement des journées sur quatre jours, au grand dam des dirigeants de clubs qui auraient aimé conserver les cases du mercredi et jeudi prisées par leurs partenaires privés. Mais la réforme des coupes européennes est passée par là et les clubs vont devoir s'y faire au cours d'une saison où l'adaptation sera le maître mot.

Paris grand favori mais...

Sur le plan purement sportif, Paris sera une nouvelle fois le grandissime favori. Intouchable la saison dernière (17 victoires et un match nul, ndlr), le club de la capitale, fort d'un budget de 20 millions d'euros, soit deux fois et demi supérieur à celui de Nantes, le deuxième, règne sur le championnat depuis six ans. Mais jamais depuis l'arrivée des fonds qataris, en 2012, l'équipe n'avait autant bougé durant l'été. Avec six départs, dont ceux de Sander Sagosen, Rodrigo Corrales et Luc Abalo, et cinq arrivées (Kristopans, Solé, Prandi, Grébille, Genty), les Parisiens vont devoir se réinventer. L'effectif demeure le plus reluisant de Lidl Starligue mais rien ne dit qu'il sera toujours aussi dominateur. Derrière, Nantes et Montpellier, revanchard après sa quatrième place, constitueront les deux principaux empêcheurs de tourner en rond tandis que les candidats au Top 5, synonyme de qualification européenne, sont d'année en année de plus en plus nombreux (Nîmes, Aix, Toulouse, Chambéry, Saint-Raphaël, Dunkerque...).

Comme chaque année, la lutte pour le maintien sera également un fil rouge. Créteil et Tremblay, sauvés sur tapis vert au printemps, ont obtenu un sursis qu'ils espèrent bien prolonger, mais Chartres, Ivry, Istres, Limoges et Cesson n'ont pas l'intention de les y aider. Sur la grille de départ, il y a donc énormément d'envie, mais aussi beaucoup d'incertitudes. Comme celle de savoir le nombre de supporters qui pourront être accueillis dans les différentes salles. Hier, près des deux-tiers des clubs de Lidl Starligue ont appris de la bouche du ministre de la Santé, Olivier Véran, qu'ils seraient soumis à partir de samedi à de nouvelles contraintes. Avec une jauge réduite à 1 000 spectateurs et la fermeture des gymnases dans les villes et agglomérations classées en zone alerte renforcée ou maximale. Un nouveau coup dur à encaisser pour les clubs qui, rappelons-le, ne pourront pas envisager l'avenir sereinement avec des salles vides.

Par Régis Aumont