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''ON A FAIT QUELQUES BÊTISES ENSEMBLE...''
25 février 2020
25 février 2020

Grands espoirs du handball français - champions du monde U21 l'année dernière -, et complices dans la vie, le Parisien Dylan Nahi et l'Ivryen Antonin Mohamed se sont prêtés pour Made in Hand au jeu de l'interview croisée. (Crédit Photo : R.A.)

Quand avez-vous commencé le handball ?
Antonin Mohamed : J'avais dix ans. A Ivry. J'ai commencé par le basket puis un copain m'a redirigé vers le hand. J'ai tout de suite accroché. J'ai aimé la combattivité qu'il fallait avoir. Il y a plus de contacts qu'au basket par exemple.
Dylan Nahi : J'avais 11 ans moi. Je voulais faire du basket à la base. Je me suis rendu à un entraînement au Paris Sport Club et en fait c'était du hand. Je suis resté parce que ça m'a plu.

Comment vous êtes-vous connu ?
D.N. : En Ligue, dans les sélections des meilleurs joueurs de région parisienne.
A.M. : Moi j'étais dans l'équipe Ile-de-France est et Dylan était dans la sélection de l'ouest. On jouait l'un contre l'autre.
D.N. : La première fois qu'on s'est rencontré, on avait 14 ans, c'était lors d'un stage de préparation.
A.M. : Ensuite on s'est retrouvé au Pole espoirs à Eaubonne.

Quel premier souvenir gardez-vous l'un de l'autre ?
D.N. : Quand je l'ai battu en sélection de jeunes la première fois. C'était le plus fort de son équipe mais ça n'a pas suffi.
A.M. : T'as même pas joué ce match !
D.N. : Mais si j'ai joué (rires).
A.M. : Il y en a plein des souvenirs quand on était petit. Plus généralement c'est d'avoir été dans sa chambre quand on était au Pole. On était aussi dans la même classe. On a fait quelques bêtises ensemble...

''Anto, il a la dalle. Il ne lâche jamais rien''

Quelle est votre relation aujourd'hui ?
A.M. : On se voit souvent. C'est plutôt moi qui vient chez lui d'ailleurs parce que lui il ne se déplace pas trop (rires).
D.N. : Il vient jouer à la console, mais il n'est pas très fort. Du coup ça sert à rien.
A.M. : On se voit un peu pour tout en fait.

Une qualité que vous aimeriez prendre à l'autre ?
D.N. : Chez ''Anto'', la combativité. Il a la dalle. Il ne lâche jamais rien, que ce soit sur un terrain ou dans la vie de tous les jours. Quand il veut quelque chose il met tout en œuvre pour l'obtenir.
A.M. : Son physique. Et sa joie de vivre. Tu ne sais même pas quand il est fâché. C'est agréable. Je l'ai déjà vu énervé bien sûr, mais il donne toujours de la joie aux autres, ''Didi'' il est super sociable.

Quel regard portez-vous sur le début de vos carrières respectives ?
D.N. : Je suis fier de lui. Il fait une bonne saison à Ivry. A chaque fois qu'il a eu une période un peu plus compliquée il a toujours su rebondir. J'ai toujours su qu'il arriverait à faire quelque chose dans le hand. Peut-être pas au poste d'ailier parce qu'il a commencé demi-centre mais je ne suis pas surpris qu'il en soit là aujourd'hui.
A.M. : Moi aussi je suis fier de lui. Ce n'était pas toujours facile à ses débuts à Paris. Il jouait pas beaucoup, parfois il repartait jouer avec le centre de formation. Mais il a patienté, il a attendu son heure. Quand on le voit jouer en ce moment il fait le boulot. J'ai toujours cru en lui, quand je le voyais jouer plus jeune. Avec son physique il aurait même pu être pivot !

''Dylan il aime bien qu'on le remarque. Comme Westbrook quand il arrive à un match''

Avez-vous un modèle que vous admirez ?
D.N. : Russell Westbrook. C'est mon sportif préféré. J'aime tout chez lui. Dans le basket, dans son style, même vestimentaire, j'adore. Sur le terrain il est impressionnant, c'est l'un des meilleurs. Il est très fort.
A.M. : Il n'y a pas vraiment un sportif que j'adore. J'aime beaucoup le foot mais je ne suis pas un fan. Je prends souvent Dybala à Fifa mais sinon...

Que faites-vous quand vous ne jouez pas ?
D.N. : On n'a pas le temps de faire d'autre sport à côté et on doit faire attention à ne pas se blesser. C'est vraiment le hand la priorité.
A.M. : J'ai un peu moins de match à jouer que lui, donc j'ai plus de temps libre, notamment le week-end. J'aime passer du temps avec mes potes. Sortir un peu de mon quotidien. On parle d'autre chose. Ça me permet d'évacuer ce que j'ai en tête si j'ai pas été bon lors du dernier match par exemple. Avec Dylan on aime bien les habits. Souvent on s'envoie des photos sur Insta ou Snapchat pour savoir comment on va s'habiller ou si on va acheter quelque chose.
D.N. : C'est vrai, j'aime bien m'acheter des vêtements. Surtout des chaussures. J'adore ça. Mais j'en ai pas beaucoup, une vingtaine, une trentaine...
A.M. : (rires) Il s'achète une nouvelle paire tous les mois.
D.N. : Mais Antonin il aime rien.
A.M. : J'aime surtout quand c'est simple. Ça me dérange pas de temps en temps de porter une paire de chaussures qui sort un peu du lot mais Dylan il aime bien qu'on le remarque. Comme Westbrook quand il arrive à un match (rires).

Comment voyez-vous son évolution dans les prochaines années ?
A.M. : L'équipe de France, obligé. Et puis en Pologne dans un an et demi du coup. Je pense qu'il va tout casser là-bas. Je le vois évoluer au meilleur niveau et je lui souhaite. Il le mérite. Je ne suis vraiment pas inquiet pour la suite de sa carrière.
D.N. : Lui, là où il voudra aller il ira. S'il se donne les moyens il arrivera à ses fins. Je ne vais pas dire il jouera là, là ou là, on en sait rien. Mais il a des objectifs et il a tout pour les atteindre. Il est déterminé. Je lui souhaite plein de réussite.

Votre rêve de handballeur ?
A.M. : Jouer ensemble en équipe de France A. Ou alors dans le même club.
D.N. : Oui, jouer dans le même club.
A.M. : C'est vrai c'est mieux. Parce qu'il y a la vie de tous les jours en club. Et puis de gagner des titres avec lui.

Propos recueillis par Régis Aumont