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UN DÉFI À LEUR HAUTEUR

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UN DÉFI À LEUR HAUTEUR
9 janvier 2020
9 janvier 2020

Privée de titres depuis trois ans, l'équipe de France aimerait renouer avec la victoire lors du championnat d'Europe et assurer sa place aux Jeux olympiques de l'été prochain.

Cela faisait bien longtemps que l'équipe de France n'avait pas abordé une grande compétition sans détenir le moindre titre. Depuis 2006 précisément. Nikola Karabatic, Cédric Sorhaindo, Michaël Guigou et Luc Abalo étaient déjà là. Ils sont les quatre derniers rescapés de la glorieuse épopée des Experts et s'apprêtent, au moins pour la majorité d'entre eux, à disputer à partir de vendredi leur dernier championnat d'Europe. Cette équipe, largement renouvelée ces trois dernières années, n'a plus gagné depuis le Mondial 2017 organisé à la maison. Elle reste néanmoins sur deux médailles de bronze, obtenue en Croatie (Euro 2018) et en Allemagne (Mondial 2019), et demeure évidemment une référence. Mais les Français, presque intouchables durant une décennie, ont depuis quelque temps cédé aux Danois le statut d'équipe à battre. Champions olympiques et du monde en titre, les partenaires de Mikkel Hansen sont les grands favoris de cet Euro 2020, pour la première fois organisé dans trois pays : la Norvège, la Suède et l'Autriche.

C'est en Norvège, du côté de Trondheim, où ils ont posé leurs valises mercredi, que les Bleus vont partir à la conquête de leur quatrième titre européen après deux de 2006, 2010 et 2014. Dans un groupe assez piégeux, avec un gros rendez-vous avec la Norvège dès le deuxième match, les Français savent qu'ils n'auront pas le droit à l'erreur face au Portugal lors de leur entrée en matière ce vendredi. Une défaite et le spectre d'une élimination dès le premier tour, qu'ils concluront face à une équipe de Bosnie moins dangereuse, se rapprocherait. ''Sans vouloir faire offense au Portugal, une équipe que l'on respecte énormément, si nous jouons à notre niveau nous ne devrions pas avoir de problème'', martèle néanmoins Didier Dinart. Un sélectionneur de l'équipe de France qui, s'il déplore les absences de Kentin Mahé et Luka Karabatic (au moins pour le début de la compétition concernant le pivot parisien), peut compter sur un effectif riche en talents et guidé par un Nikola Karabatic revenu au meilleur de sa forme après avoir subi deux opérations à un pied la saison dernière.

La route des demi-finales est semée d'embûches

La génie du triple meilleur joueur du monde, toujours aussi motivé, ne sera pas de trop pour ramener les Français vers les sommets. S'ils accèdent au tour principal, les Tricolores pourraient alors retrouver le Danemark, la Suède, la Slovénie ou encore l'Islande sur la route des demi-finales. Le tout à Malmö, dans une Arena largement acquise à la cause des équipes scandinaves... La tâche est compliquée, comme celle de se qualifier directement pour les Jeux olympiques puisque seul le vainqueur, ou le finaliste si le Danemark était sacré, validerait son ticket pour Tokyo. La France a des arguments à faire valoir avec sur le papier, peut-être, le collectif le plus fort. Mais, comme on l'a encore vu lors de son deuxième et dernier match de préparation perdu à Paris face au Danemark Paris (30-31), l'équipe ne tourne pas encore à plein régime. ''On a montré nos limites actuelles, résumait l'expérimenté Michaël Guigou qui pense quand même que les Bleus ont ''les qualités pour faire de grandes choses.''

Elle possède de l'expérience à tous les étages et une jeune génération de joueurs prêts à prendre définitivement la relève. Les Dika Mem, Ludovic Fabregas, Nedim Remili, Melvyn Richardson et le petit dernier, Elohim Prandi, incarnent l'avenir de cette équipe de France. Leur héritage est évidemment lourd à porter. Mais ils sont déjà habitués, pour la plupart d'entre eux, à avoir de grandes responsabilités au sein des plus grands clubs européens. A l'aube de cette année capitale, les Français rêvent de réenclencher une dynamique victorieuse. De conquérir dans quinze jours un nouveau titre européen, six ans après le dernier, et par la même occasion éviter d'avoir à disputer un tournoi de qualification olympique à domicile en avril. De redevenir, aussi, l'équipe à battre.

Par Régis Aumont