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HOUETTE : "C'EST LA MEILLEURE SOLUTION"
24 mars 2020
24 mars 2020

Forfait pour les JO, Manon Houette accueille leur report comme une opportunité de pouvoir défendre les couleurs de l'équipe de France dans un an.

Comment avez-vous accueilli la décision du Comité international olympique de reporter les Jeux de Tokyo 2020 ?
C'était, au vu de la situation sanitaire, devenu assez évident depuis quelques jours. Comment pouvions-nous imaginer regrouper des peuples du monde entier avec tout ce qui se passe actuellement. Et puis sportivement tout le monde ne serait pas parti sur un pied d'égalité. Entre ceux pour qui le confinement est terminé, qui peuvent reprendre l'entraînement, et ceux pour qui cela vient d'être décrété. C'est la meilleure solution. Comme celle de les décaler d'un an, parce que je ne sais pas comment, avec les calendriers de chaque sport, cela aurait pu se tenir à l'automne...

Pour vous qui étiez forfait en raison de votre blessure à un genou, c'est une chance de pouvoir participer quand même...
Malgré le contexte difficile que nous vivons et qui m'empêche d'être pleinement heureuse, bien sûr que pour moi c'est une chance. Sur le plan personnel je peux me réjouir d'avoir la possibilité de défendre les couleurs de l'équipe de France l'année prochaine. De pouvoir faire une saison pleine et de me préparer pour cet objectif majeur.

"Je voulais prendre soin de mon corps"

Comment aviez-vous vécu le fait de devoir renoncer en début d'année ?
Ça allait. Disons que mon cas est un petit peu particulier. Avant même de me blesser au genou droit, j'avais des douleurs chroniques au genou gauche ainsi qu'aux deux tendons d'Achille. Des douleurs tendineuses qu'on avait essayé de faire disparaître avec les staffs de Metz et de l'équipe de France mais sans véritable résultat. Du coup j'ai décidé de me faire opérer des deux genoux. Pour réparer mes ligaments croisés et mon ménisque à droite mais aussi pour me faire enlever un centimètre de rotule à gauche. Cette blessure est malheureusement arrivée à un mauvais moment, lors d'une année olympique, mais je me disais que c'était un mal pour un bien. Je voulais prendre soin de mon corps.

Comment vivez-vous votre confinement ?
Ça va. J'ai la chance d'être avec mon compagnon et d'avoir un appartement assez grand avec une terrasse. En plus on a du matériel de rééducation à disposition donc c'est plutôt pratique. Parce que mon ami (un joueur de rugby à Oyonnax, ndlr) s'est également fait les croisés, un mois après moi. Du coup on fait notre rééducation ensemble, même si j'ai un petit peu d'avance sur lui (rires).

Comment imaginez-vous la prochaine saison qui pourrait être très chargée ?
Pour l'instant on est dans l'incertitude. Tout va dépendre du temps qu'il faudra pour sortir de cette pandémie. Les calendriers risquent d'être alourdis. Déjà le championnat et la Ligue des champions, s'ils reprennent, pourraient se finir en juin et même plus tard*. Ça me semble compliqué avec les joueuses qui seront en fin de contrat le 30 juin et qui ont signé dans un nouveau club. Pour l'équipe de France, est-ce qu'on aura toujours notre qualification pour les JO ? On est qualifiées en tant que championnes d'Europe en titre mais il y aura un nouvel Euro à la fin de l'année... Je pense quand même qu'on y sera (rires).

* L'EHF a proposé que le Final4 de la Ligue des champions puisse se disputer les 5 et 6 septembre à Budapest

Propos recueillis par Régis Aumont