Aller au contenu principal

DE L'OR PLEIN LES MAINS

MADE IN HAND TV

NEWS

DE L'OR PLEIN LES MAINS
8 août 2021
8 août 2021

L'équipe de France a décroché son premier titre olympique après avoir dominé la Russie dimanche (30-25). Le handball français roule sur l'or à Tokyo. (FFHandball/Iconsport)

Elles l'ont fait ! Le dernier titre qui se refusait à elles, les Françaises sont allées le chercher dimanche à Tokyo. Championne du monde en 2003 et 2017, d'Europe en 2018, l'équipe de France s'est adjugée le plus beau, le titre olympique, l'objectif de toute une carrière, à l'issue d'une finale de rêve face à la Russie. Cinq années après avoir été privées de la plus haute marche du podium à Rio par ces mêmes Russes, les Bleues ont pris une revanche éclatante (30-25). Encouragées dans les tribunes par leurs homologues masculins, médaillés d'or la veille et certainement pas les plus frais après une très courte nuit, les filles d'Olivier Krumbholz n'ont même pas eu le temps de douter. "Les gens ont dû vivre cette finale assez sereinement, s'excusait presque en larmes une Allison Pineau exceptionnelle lors de ce dernier rendez-vous (7 buts). Ils n'ont pas l'habitude avec nous. (rires)"

Il faut dire qu'après une mise en route délicate (1-3, 5ème), les Françaises ont réussi le match presque parfait. Dans les pas d'une Pauletta Foppa encore une fois dominante (7/7), elles ont rapidement pris le contrôle de la partie en imposant le rythme. La défense, leur arme fatale, leur a une nouvelle fois permis de gratter un nombre incalculable de ballons que les partenaires de Coralie Lassource ont su convertir de l'autre côté du terrain (12-9, 24ème). Rentrées aux vestiaires avec deux longueurs d'avance (15-13, MT), les Tricolores ont connu leur seul petite frayeur en raison d'un nouveau retard à l'allumage en sortant des vestiaires. Les Russes, tombeuses des favorites norvégiennes en demi-finales, profitaient de plusieurs pertes de balle des Françaises pour signer un 3-0 et revenir à hauteur (16-16, 38ème). La tendance semblait alors pouvoir s'inverser, mais c'était sans compter sur la capacité de réaction de cette équipe de France.

"C'est une merveilleuse récompense pour tout le monde" (Olivier Krumbholz)

Déjà bien en place défensivement, les vice-championne d'Europe mettaient encore un peu plus d'intensité dans les duels. Cléopâtre Darleux, entrée à la mi-temps au relais d'Amandine Leynaud qui oeuvrait dans la cage pour la dernière fois de son immense carrière, se montrait à son avantage face aux tireuses russes (9 arrêts en 30 minutes). Et comme les Bleues se montraient bien plus efficaces que leur adversaire devant le but, elles prenaient le large sur la base d'un 6-0 encaissé comme un uppercut par les tenantes du titre (22-16, 45ème). "On a encore une fois fait la différence par la défense, savourait Allison Pineau au micro de France Télévision. C'est l'identité de cette équipe. On avait dit qu'on fermerait la boutique." L'écart creusé, les Françaises pouvaient profiter des derniers instants, comme lors de ce temps-mort posé par Olivier Krumbholz à deux minutes de la fin sur lequel les joueuses commençaient à prendre conscience de ce qu'elles étaient en train de réaliser. "C'est incroyable. Il y a beaucoup d'émotions qui remontent, réagissait Allison Pineau, déjà là en 2009 lors de la finale mondiale qui marquait le retour au premier plan de cette équipe de France. J'ai une pensée pour Siraba (Dembélé), pour Orlane (Kanor) et pour toutes les filles blessées qui auraient pu être là, soufflait-elle. Je savais qu'on irait au bout, je n'ai pas cessé de le répéter. On a fait un bon match, on a été solide."

Après un début de tournoi mitigé, au point d'avoir dû jouer sa peau contre le Brésil lors du dernier match de poules, l'équipe de France a su monter en puissance lors de la phase finale avec un niveau de jeu proche de la perfection contre les Pays-Bas (32-22), la Suède (29-27) et donc la Russie (30-25). Détendu et heureux, Olivier Krumbholz, l'homme de tous les succès du handball féminin français, pouvait enfin savourer. "C'est une merveilleuse récompense pour tout le monde, se réjouissait-il, le regard tourné vers ses filles en liesse sur le terrain. Les joueuses ont énormément travaillé. C'est un résultat à la hauteur de l'investissement." Le handball français aura donc réussi un inédit doublé à Tokyo, cinq ans après les deux finales perdues de Rio. L'argent s'est transformé en or, les larmes ont séché et laissé la place à de larges sourires. Vivement Paris 2024 !

Russie - France : 25-30 (13-15)
Yoyogi National Stadium, à Tokyo - Huis clos

Russie
Gardiennes : Sedoykina (48’, 4 arrêts sur 28) - Kalinina (10’, 1 arrêt sur 7) / Kuznetsova - Gorshkova (3/4) - Dmitrieva (6/10) - Sen (0/1) - Vyakhireva (4/8) - Vedekhina (7/10) - Bobrovnikova (1/1) - Makeeva - Fomina (0/1) - Ilina (2/4) -Managarova (1/1) - Skorobogatchenhko (1/4) - Exclusions temporaires : Kuznetsova (2) - Vedekhina - Makeeva (2)
Entraîneur : Alexey Alekseev

France 
Gardiennes : Darleux (30’, 9 arrêts sur 21) - Leynaud (30, 3 arrêts sur 15) / Nocandy (2/3) - Coatanea (3/5) - Valentini (4/5) - Pineau (7/10) - C. Lassource (0/1, cap) - Zaadi-Deuna (2/4) - Niakaté - Sercien-Ugolin (2/3) - Flippes (2/3) - Edwige - Foppa (7/7) - Nze-Minko (1/1) - Exclusions temporaires : Pineau - Lassource - Zaadi-Deuna - Sercien-Ugolin (2)
Entraîneur : Olivier Krumbholz

FINALE 
Russie – France 25-30

MATCH 3ème PLACE 
Norvège – Suède 36-19

Régis Aumont