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UNE ÉQUIPE EN OR !

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UNE ÉQUIPE EN OR !
7 août 2021
7 août 2021

Les Bleus ont été héroïques en finale du tournoi olympique face au Danemark (25-23) pour offrir une troisième médaille d'or au handball français.  (FFHandball/Iconsport)

Incroyable. Exceptionnelle. Fantastique. Fabuleuse. La liste des adjectifs pour qualifier cette équipe de France est longue. Arrivés en outsiders au Japon, malgré deux titres et une médaille d'argent obtenus lors des trois derniers tournois olympiques, les Français, quatre ans après leur dernière grande victoire, lors du Mondial 2017 organisé à la maison, sont redevenus les maîtres du monde. Ils l'ont fait samedi à Tokyo aux dépens d'une équipe qui leur avait succédé comme référence du handball, le Danemark, double championne du monde en titre et annoncée comme grande favorite pour réussir le doublé, cinq ans après un premier couronnement à Rio. Mais les Bleus, rentrés amers du Brésil avec leur médaille d'argent autour du cou, ont été héroïques une heure durant pour prendre leur revanche à l'issue d'une finale qu'ils auront dominée en grande partie avant de se faire une grosse frayeur dans les dernières minutes (25-23).

Après avoir compté jusque six buts d'avance en début de seconde période (16-10, 32ème), les joueurs de Guillaume Gille ont connu un gros trou d'air, le seul de la finale, durant lequel plus rien ne fonctionnait. Entre les deux réalisations de Hugo Descat, espacés de onze minutes (46ème et 57ème minute), seul Nedim Remili trouvait le chemin du but (23-21, 52ème). Ragaillardis, les Danois, méconnaissables lors du premier acte perdu de quatre buts (14-10, MT), reprenaient espoir. D'autant plus que ce diable de Mikkel Hansen, nouveau recordman du nombre de buts marqués lors d'un tournoi olympique (62 dont 9 en finale), continuait lui de martyriser les filets de Vincent Gérard. Et lorsque son acolyte Morten Olsen ramenait les Scandinaves à une petite longueur à une minute trente du dénouement (24-23, 58ème), la sérénité n'était plus de mise dans les rangs tricolores, pour preuve cette passe difficile de Nikola Karabatic en direction de Dika Mem qui se transformait en ballon perdu... Menés depuis la treizième minute, les joueurs de Nikolaj Jacobsen avait l'opportunité de revenir à hauteur et de, pourquoi pas, envoyer tous les acteurs en prolongation. 

"Il a fallu qu'on aille chercher les choses encore plus loin tous ensemble" (Michaël Guigou)

Mais à défaut d'avoir été performants en attaque pendant une heure, les Bleus sont restés soudés en défense à chaque instant. Et sur ce dernier ballon dans les mains du gaucher Mathias Gidsel, l'activité des frères Karabatic et Ludovic Fabregas poussaient l'arrière danois à commettre l'irréparable. Tout heureux de voir le ballon lui retomber dans les mains, Fabregas prenait à peine le temps de lever la tête pour envoyer le précieux traverser tout le terrain et finir sa course dans la cage délaissée par Niklas Landin. Le but de la victoire, le but de la médaille d'or, le but du troisième titre olympique de cette équipe de France, si longtemps habituée à tout gagner avant de descendre de son Piédestal après son sixième sacre mondial en 2017. Qui l'eut cru il y a un an et demi quand les Français traînaient leur misère lors d'un Euro désastreux en Norvège ? Gagner à Tokyo était certes l'objectif ultime, mais le crier sur les toits aurait presque pu paraitre prétentieux eu égard aux derniers résultats obtenus. Depuis un an et demi, malgré toutes les problématiques liées au Covid, ce groupe a su se reconstruire. Cornaqués par les illustres aînés, les Michaël Guigou, Nikola Karabatic et Luc Abalo, désormais triples champions olympiques, il n'a cessé de progresser. Il y avait déjà eu du mieux en Egypte en début d'année, lors d'un championnat du monde achevé à la quatrième place. Mais c'est au Japon qu'il s'est complètement révélé, avec une véritable force collective encore une fois mise en lumière lors de cette finale avec pas moins de douze buteurs différents. Leur parcours, seulement entaché d'une défaite sans conséquence face à la Norvège, traduit une maîtrise nouvelle. Le Danemark, comme avant l'Allemagne, l'Espagne ou l'Egypte, en ont fait les frais.

Capitaine depuis quelques mois, après la mise en retrait de Cédric Sorhaindo, Michaël Guigou semblait un peu sonné quelques minutes après s'être couvert d'un dixième titre en bleu, le dernier de son immense carrière. "J'ai du mal à réaliser. On a tous un peu de mal à réaliser, rectifiait aussitôt au micro de France Télévision le légendaire ailier gauche. Dans ces conditions particulières sans public, il a fallu qu'on aille chercher les choses encore plus loin tous ensemble. C'est une victoire incroyable. Je suis très fier de ce groupe qui s'est servi de tout ce qu'il avait pour aller chercher cette médaille d'or. Et pour moi c'est une belle sortie !" Luc Abalo, avec quatre médailles en autant de participations, va pouvoir lui aussi s'en aller sur une route pavée d'or. Les deux amis vont laisser le handball français tout en haut de l'affiche. On se croirait rajeunis d'une dizaine d'années. Et c'est plutôt plaisant. 

France - Danemark : 25-23 (14-10)
Yoyogi National Stadium, à Tokyo - Huis clos

France
Gardiens : Genty (1’, 1 arrêt) - Gérard (58’, 10 arrêts) / Remili (5/8) - Lagarde (1/1) - Mem (3/8) - Tournat (1/1) - N. Karabatic (2/6) - Mahé (2/6) - Abalo (2/3) - Guigou (cap, 1/2) - L. Karabatic (2/3) - Fabregas (2/4) - Descat (3/7) - Porte (2/2) - Exclusions temporaires : Mem - Tournat - N. Karabatic - Abalo
Entraîneur : Guillaume Gille

Danemark
Gardiens : Landin (58’, 14 arrêts) / Landin (2/3) - Saugstrup (2/2) - Svan (1/1) - Moellgaard - Mensah (1/4) - Toft Hansen (2/2) - M.Hansen (9/16) - Olsen (1/2) - J.Hansen - Andersson (0/1) - Holm (0/1) – Gidsel (6/7) - Exclusions temporaires : Moellgaard
Entraîneur : Nicolaj Jacobsen

Finale 
France - Danemark 25-23

Match 3ème place
Egypte - Espagne 31-33

Régis Aumont