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MONTREZ UN AUTRE VISAGE !

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MONTREZ UN AUTRE VISAGE !
11 janvier 2020
11 janvier 2020

L'équipe de France devra se retrouver dimanche contre la Norvège pour rester en vie dans ce championnat d'Europe bien mal engagé.

Les mines déconfites de vendredi soir, au moment de regagner leur hôtel de Trondheim après la déconvenue face au Portugal (25-28), ont laissé la place dès le lendemain à des visages concentrés. La nuit a pourtant été difficile pour les joueurs, et plus encore pour le staff, lequel n'a pu que dresser le constat que l'équipe de France s'était loupée dans les grandes largeurs lors de son entrée en matière dans le championnat d'Europe. Au-delà de la défaite, contre une équipe lusitanienne sérieuse mais pas non plus géniale lors de ce premier match, c'est le contenu qui fut largement insuffisant.

A vrai dire, difficile de trouver le moindre motif de satisfaction. Si certains joueurs ont surnagé, à l'image de Nikola Karabatic, Ludovic Fabregas ou Melvyn Richardson, le bilan individuel et collectif fut largement insuffisant. En attaque notamment où les Bleus se sont embourbés dans les duels au lieu de faire vivre le ballon, d'aérer le jeu et de chercher à créer des espaces. ''Dans le handball moderne, j'estime que ça doit courir beaucoup plus'', analysait, dans les colonnes de L'Equipe, Thierry Anti, avec son œil d'expert et sa connaissance du handball portugais qu'il côtoie quotidiennement depuis six mois qu'il entraîne le Sporting Portugal. Trop souvent arrêtés, misant sur un exploit personnel, les Français sont tombés dans un jeu stéréotypé et bien trop prévisible. Et le staff n'a pas su trouver des solutions pour dégripper la machine.

Le collectif reste en rodage

L'équipe de France a déjà utilisé son joker et se retrouve dans l'urgence. Dans cette nouvelle formule, composée de groupes de quatre dont seuls les deux premiers accèdent au tour principal, les joueurs de Didier Dinart sont désormais dans l'obligation de réaliser un petit exploit contre la Norvège, portée par son public. ''Si on le perd, on rentre à la maison'', résume le sélectionneur. Un match nul aurait sans doute les mêmes conséquences tant on voit mal la Bosnie enquiquiner le Portugal dimanche après-midi. Pour y croire encore, les Tricolores doivent à tout prix battre les vice-champions du monde et même si possible soigner la différence de buts dans l'hypothèse d'une égalité à trois équipes. Pour mater une équipe scandinave bien lancée après son succès devant la Bosnie (32-26), les Français n'auront pas d'autre choix que d'élever leur niveau. Retrouver du liant collectif, mettre plus d'intensité en défense et compter sur des gardiens plus efficaces (7 arrêts pour le duo Gérard-Genty vendredi soir).

En gros, les Bleus doivent mettre de l'ordre dans leur jeu. ''On n’a pas toujours bien appliqué les consignes'', regrettait le capitaine Cédric Sorhaindo après la défaite. Mais ce n'est pas la première fois dans un passé proche qu'ils affichent cette inconstance, ce manque de maîtrise des événements, comme si le collectif était éternellement en rodage. L'abondance de talents dont jouit l'équipe de France doit être un avantage, mais cela peut devenir une faiblesse s'ils ne sont pas utilisés à bon escient. La hiérarchie n'est pas toujours très visible, l'absence de Nikola Karabatic en fin de rencontre face aux Portugais a surpris, comme la non utilisation de Valentin Porte en seconde période alors que Luc Abalo n'était pas dans un grand jour. Face à la bande de Sander Sagosen – étincelant à 12 sur 14 contre les Bosniens -, les Français ne pourront pas s'en sortir s'ils ne tirent pas dans le même sens. La situation est périlleuse, la France est dos au mur, mais cette équipe a déjà montré qu'elle pouvait renverser des montagnes. Elle a une heure pour le faire.

Par Régis Aumont