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GUIGOU : "TOUT FAIRE POUR ENCORE PRÉTENDRE A LA SÉLECTION"
30 mars 2020
30 mars 2020

Même si la pandémie du coronavirus occupe actuellement son esprit, l'illustre ailier gauche de l'équipe de France, qui devait mettre un terme à sa carrière internationale à la fin de la saison, doit revoir ses plans après le report des Jeux olympiques.

Cela fait deux semaines que le pays est confiné. A quoi ressemble votre quotidien aujourd'hui ?
C'est un moment assez particulier. Que le monde se retrouve dans une telle situation... Je ne suis pas des plus à plaindre. J'habite une maison avec un jardin. Ma femme télé-travaille et on s'occupe de notre fille de 6 ans. On ne connaît personne de toucher sérieusement par le virus. On respecte au maximum les recommandations. On a quelques petits commerces juste à côté de chez nous, sinon on fait les courses tous les dix jours. On se tient au courant de l'actualité. Il y a beaucoup de souffrance partout dans le monde. C'est un désastre qu'il faut essayer de limiter, chacun à sa manière.

Sur le plan personnel comment vous entretenez-vous ?
Pour l'instant je ne fais rien. Je m'amuse avec ma fille. Je ne vais pas tarder à m'y remettre mais on va avoir largement le temps de reprendre. On est plus ou moins en vacances forcées. Vue la situation, on va en avoir du temps pour se refaire une santé. Ressortir, s'entretenir individuellement c'est une chose, mais imaginer reprendre une activité collective, avoir des contacts, partager le même ballon, je pense qu'on en est encore loin. Et puis il ne faut pas négliger le contexte psychologique dans lequel on est tous plongés. C'est un contexte anxiogène. Il faut faire attention à cela. Dans le hand tout le monde va dans le même sens, à part peut-être l'EHF. Mais au niveau fédéral, des Ligues, il y a eu une prise de conscience collective. Il y a beaucoup de paramètres à prendre en considération. Outre le temps qu'il va falloir donner aux joueurs pour se préparer à nouveau et éviter une hécatombe de blessures, il faut penser à l'accueil du public dans une salle, à l'hygiène... C'est une situation unique, compliquée à gérer par manque de visibilité.

Quels sont vos contacts avec les autres joueurs ?
Il y en a avec lesquels on a toujours des échanges réguliers, des amis, pour qui on prend des nouvelles. Sinon on a des groupes WhatsApp, que ce soit à Nîmes ou en équipe de France. On se tient souvent au courant comme ça des dernières actus.

"C'est très motivant de repartir pour sa dernière année avec autant d'objectifs"

Vous deviez mettre un terme à votre carrière internationale à l'issue de cette saison. Est-ce que le report des Jeux olympiques change quelque chose ?
Je ne me prends pas trop la tête avec ça actuellement. Il y a malheureusement des choses beaucoup plus importantes. Les JO c'est beau, même si cela demande aussi beaucoup d'efforts physiques et mentaux, mais la priorité aujourd'hui c'est que le monde aille mieux. Il me reste encore une année à faire en tant que joueur (il est sous contrat avec l'USAM jusqu'en 2021, ndlr) et mon objectif est de prendre le maximum de plaisir. Cela ne va pas changer. Je vais me donner tous les moyens pour être le mieux préparé possible. Il n'y a pas si longtemps j'avais pour ambition de terminer ma carrière en ayant joué dans un seul club. Cela ne s'est pas fait. Puis je voulais arrêter l'équipe de France sur des JO, pour lesquels il faut bien rappeler qu'on est pas qualifiés pour le moment, avec un entraîneur qui n'est plus là. Aujourd'hui les Jeux sont reportés d'une année. Le sélectionneur a changé. Est-ce que cela va changer quelque chose ? On verra bien. Je vais faire en sorte d'être le plus compétitif possible. Ce sera une année avec un Mondial en Egypte, pour lequel là aussi il faut encore se qualifier, des Jeux... Cela va être un bel objectif, mais cela ne dépendra pas que de moi. Je ferai tout pour être performant.

Est-ce difficile au niveau de la motivation ?
Non, je vois plus cela comme quelque chose de positif. C'est très motivant de repartir pour sa dernière année avec autant d'objectifs. J'ai toujours été habitué durant ma carrière à mener de front ma vie en club et celle en équipe de France. Je ne sais pas trop à quoi aurait ressemblé ma dernière saison sans l'objectif d'être en équipe de France. Là je pense me servir de cette longue coupure pour travailler encore plus et tout faire pour pouvoir encore prétendre à la sélection.

Physiquement votre corps vous a laissé tranquille cette saison...
Je n'ai pas raté un match. J'ai dû m'habituer à un nouveau rythme, avec le plus souvent un seul match par semaine, également à un nouveau préparateur physique, à une concurrence nouvelle. Je partage le poste d'ailier gauche avec celui qui est le capitaine de l'équipe (Julien Rebichon, ndlr). Cela ne s'est pas forcément vu de l'extérieur mais ça a nécessité un peu de temps avant que tout se mette en place. On a a appris à travailler ensemble. J'ai trouvé à Nîmes un super état d'esprit. On était en train de réaliser une superbe saison en étant troisième de Lidl Starligue avec le six ou septième budget (en fait le cinquième, juste devant ceux de Chambéry et Saint-Raphaël, ndlr). On bénéficie de programmes de plus en plus individualisés et pointus, ça aide à se sentir en forme et bien sur le terrain. On a aussi un préparateur mental aux petits soins avec nous. Et puis il faut dire que je n'ai disputé que trois matchs à l'Euro avec les Bleus, qu'en championnat on a arrêté après deux-tiers des rencontres, donc je ne suis pas usé. Avec du travail, je suis capable de faire une très belle dernière année.

Propos recueillis par Régis Aumont