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LACRABERE : "IL FAUT SAVOIR SE REMETTRE EN QUESTION"

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LACRABERE : "IL FAUT SAVOIR SE REMETTRE EN QUESTION"
24 novembre 2020
24 novembre 2020

En stage toute la semaine avec les Bleues à la Maison du Handball, l'expérimentée arrière nous a livré ses impressions à quelques jours du début de l'Euro 2020.

On sait depuis hier (lundi) que le championnat d'Europe aura bien lieu. Comment avez-vous vécu ces derniers jours ?
J'ai essayé de prendre du recul parce que c'était assez anxiogène comme situation. Comme tout le monde j'attendais la réponse, mais je me préparais comme s'il allait avoir lieu. 

C'est un soulagement ?
Oui. Rien que pour le travail que j'ai effectué pour arriver en forme sur ce championnat d'Europe. Depuis le début de la saison on fait très attention pour ne pas attraper le Covid. C'est un soulagement, on va pouvoir jouer, mais ce n'est pas une finalité.

Est-ce facile de se préparer au quotidien avec cette épée de Damoclès que représente pour vous ce virus, plus encore à quelques jours d'une grande compétition ?
On fait attention tout le temps. Aujourd'hui, on vit dans une bulle ici à la Maison du Handball. On a fait des tests, on est entre nous, on doit normalement éviter toute contamination. Maintenant on est concentrées que sur le handball. 

"On court plus, on pratique plus de jeu tout-terrain"

Justement, comment trouvez-vous l'équipe dans cette dernière ligne droite de la préparation ?
Je la trouve à l'écoute. Tout le monde a envie de bien faire. De retrouver le chemin de la victoire. Le Mondial de l'année dernière on l'a laissé derrière nous. On a fait une erreur, à nous de décrocher une médaille lors de cet Euro pour montrer que ce n'était qu'un accident de parcours, ce qui peut arriver à toutes les équipes. Les grandes équipes savent se relever et je pense qu'on est une grande équipe.

Est-ce qu'il y a eu des changements dans la manière de fonctionner depuis l'année dernière ?
On a changé notre façon de travailler nos entraînements. Il y a beaucoup moins de ruptures, on court plus, on pratique plus de jeu tout-terrain. C'est moins long mais beaucoup plus intense que par le passé. C'était une demande de notre part mais le staff voulait aussi aller dans ce sens. On était vraiment sur la même longueur d'onde.  On souhaite conserver notre solidité défensive et être efficaces en contre-attaques et montées de balle, ce qui nous avait manqué lors du Mondial au Japon.

Que représente cet Euro pour vous ?
Comme tous les autres. J'ai toujours envie de gagner. Je vais tout faire pour aider l'équipe, pour apporter ma pierre à l'édifice. Je dois être efficace, d'être une joueuse sur laquelle on peut compter. Je pense vraiment qu'on peut aller chercher une médaille. Il y a quelque chose à faire et on a très envie d'y arriver. 

"Je me projette jusqu'à demain, après on verra"

Comment votre rôle a-t-il évolué depuis vos premiers pas en équipe de France en 2006 ?
J'ai petit à petit pris plus d'importance dans le collectif. Je suis devenue un leader. Il y a dix ans, je n'arrivais pas à mettre les formes quand il fallait communiquer. J'aboyais beaucoup et le message ne passait pas. J'ai vieilli, j'ai mûri, aujourd'hui je communique mieux avec mes partenaires. 

Avez-vous dû travailler dans ce domaine de la communication ?
Non c'est venu naturellement. A force de discuter avec des personnes qui me disaient que je parlais un peu trop sèchement. Les messages ne passaient pas. A un moment donné il faut savoir se remettre en question, que ce soit sur le hand ou sur l'attitude à avoir. Si je voulais être écoutée, devenir un leader dans ce groupe, je devais faire des efforts pour être entendue. Je dis toujours mes vérités, mais plus calmement. Aujourd'hui ça passe de mieux en mieux.

Est-ce que vous arrivez à vous projeter au-delà de la fin de saison qui doit s'achever avec les JO de Tokyo l'été prochain ?
Je me projette jusqu'à demain, après on verra. Je ne me suis jamais encore dit "après telle compétition j'arrêterai ma carrière internationale." Si j'apporte à l'équipe et que je me fais encore plaisir sur le terrain il n'y a pas de raison de se fixer de limite. 

Propos recueillis par Régis Aumont