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A LA TABLE DES GRANDS !

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A LA TABLE DES GRANDS !
27 janvier 2021
27 janvier 2021

Poussée en prolongation, l'équipe de France s'est débarrassée de la Hongrie (35-32) pour se hisser dans le dernier carré du championnat du monde. Elle affrontera la Suède vendredi.

Les Bleus ont gravi une marche de plus de la pyramide, où les attend peut-être au sommet dimanche une septième étoile mondiale. Amorphe l'année dernière en Norvège, à l'issue d'un Euro cataclysmique, l'équipe de France est de retour au plus haut niveau en Egypte, où elle s'est qualifiée mercredi soir pour la treizième demi-finale de son histoire à l'issue d'un combat acharné avec la Hongrie (35-32, a.p.). Irréguliers pendant les soixante-dix minutes de ce quart de finale, les Français ont une nouvelle fois montré du caractère pour ajouter une nouvelle victoire à l'arraché à sa collection égyptienne. Vingt jours après deux tristes prestations contre la Serbie, lors de rencontres de qualifications pour le prochain championnat d'Europe déguisées en matchs de préparation à la première grande échéance de l'ère Guillaume Gille, on avait du mal à voir cette équipe capable de se mêler au festin des rois sur les rives du Nil. Et pourtant, malgré les difficultés, la bande à Michaël Guigou, si précieux ce soir à la veille de ses 39 ans, a su se frayer un chemin vers le dernier carré de la compétition. Avec le Danemark, l'Espagne et la Suède, son prochain adversaire, la France sera particulièrement bien entourée.

Pour s'inviter dans la course aux médailles, les Tricolores ont encore dû puiser très loin dans leur ressources. "C'était un match incroyable en terme de dénouement, au niveau de son déroulé", analysait pourtant avec beaucoup de calme Guillaume Gille, sur beIN Sports. Ses joueurs, rouillés en début de partie, ont pourtant dû lui donner des maux de tête. Mais même après le faux-départ des Bleus, baladés et menés 7-1 à l'issue des dix premières minutes par des Hongrois sans complexe, le sélectionneur n'a pas paniqué, se gardant même de poser un temps-mort. La réponse est venue du terrain, initiée par l'éternel Michaël Guigou, le premier à sonner la révolte. Absolument partout sur le terrain, le doyen de l'équipe était le seul à prendre le dessus sur le gardien Roland Mikler et ses cinq buts rapides permettaient aux Français de revenir au contact (7-9, 20ème). Malgré une défense de plus en plus efficace, les Bleus, pas aidés par leurs arrières - un seul but marqué de loin sur onze tentatives en première période -, ne parvenaient pas à refaire complètement leur retard au moment de changer de côté (12-14, MT).

Un money-time bâclé 

Les Français, remaniés à la pause avec les entrées de Yann Genty dans la cage, de Hugo Descat et Valentin Porte sur les ailes, ou encore du roc Nicolas Tournat, pouvaient enfin compter sur leurs artilleurs, en premier lieu Dika Mem et Timothey N'Guessan. Les Magyars, eux, commençaient à tirer la langue, même si le génial Maté Lekai (5 buts, 7 passes décisives) continuait à se démener et le colosse Bence Banhidi (6/6) à peser de tout son poids sur la défense tricolore malheureusement privée de Luka Karabatic, blessé, dans la deuxième moitié de la rencontre. Les Français, après trois buts consécutifs de Valentin Porte, s'installaient pour la première fois aux commandes de ce quart de finale (20-19, 40ème). Mais ils connaissaient un autre coup du sort avec la sortie de Timothey N'Guessan, qui a rechuté au niveau de ses adducteurs... Cela ne les empêchait pas de prendre le dessus, le croyait-on, au fur et à mesure que Hug Descat, déchaîné, enfilait les buts (5 au total). A trois minutes de la fin, les Bleus menaient 30-27. Les portes des demi-finales étaient grandes ouvertes. Mais elles allaient se refermer brusquement. Une fois n'est pas coutume, le money-time leur échappait, et la Hongrie était sans doute la première surprise à jouer une prolongation (30-30, 60ème).

Mais les Français ont su rebondir, à l'image de Romain Lagarde, quelque peu coupable sur la dernière action du temps réglementaire mais précieux lors des dix minutes supplémentaires. Grâce à une profondeur de banc largement supérieure à leur adversaire, les Tricolores, jamais aussi forts que lorsqu'ils sont en difficulté, finissaient par faire plier les valeureux Hongrois. "Ce groupe s'est forgé dans la douleur, soulignait Guillaume Gille, fier de la solidarité de son groupe depuis le début de l'aventure. On a toujours réussi à trouver la lumière.  Il y a dans cette équipe encore beaucoup de choses à parfaire, dit-il, mais il y a cet état d'esprit, cette envie de se confronter. C'est un groupe qui aime la compétition." Valentin Porte, dont l'entrée a été positive, était lui ravi de retrouver les demi-finales. "Après le match à Créteil contre la Serbie, dans le vestiaire, on donnait pas trop cher de notre peau, avouait-il. Si on m'avait dit que derrière on gagnerait sept matchs de suite je n'y aurais pas vraiment cru." En trois semaines l'équipe de France a déjà bien grandi. Toujours invaincue, comme les trois autres demi-finalistes, il lui reste désormais deux matchs pour aller chercher une médaille. Elle s'en assurera en cas de victoire contre la Suède dans eux jours. Mais les Suédois, malgré de nombreux absents, ont confirmé face au Qatar (35-23) qu'ils avaient de sérieux arguments à faire valoir. On ne les avait pas vu à pareille fête depuis leur Mondial en 2011, lorsqu'ls s'étaient inclinés en demi-finales contre la...France. Dix ans plus tard, l'histoire se répètera peut-être. 

Quarts de finale (dans l'ordre du tableau)
Danemark - Egypte 35-35, 4-3 t.a.b.
Espagne - Norvège 31-26
Suède - Qatar 35-23
France - Hongrie 35-32, a.p.

Par Régis Aumont