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FAITES-NOUS RÊVER !

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FAITES-NOUS RÊVER !
22 janvier 2021
22 janvier 2021

Contre une équipe d'Islande revancharde après avoir été surprise par la Suisse, les Bleus vont tenter de préserver leur invincibilité et de retrouver des couleurs après deux dernières sorties insipides.

Tout sportif de haut niveau le dira, rien ne compte plus que la victoire. Dans cette optique, l'équipe de France est irréprochable depuis son arrivée en Egypte. La Norvège, l'Autriche, la Suisse et l'Algérie ont trépassé et la série d'invincibilité des Bleus ne cesse de s'étirer dans ce championnat du monde. Avant d'affronter l'Islande ce vendredi puis le Portugal dimanche, les Français ont déjà un pied en quarts de finale, ce dont peu d'équipes peuvent se vanter après quatre rencontres. Les résultats bruts ne peuvent toutefois pas occulter tout le reste. Après six matchs sous l'ère Guillaume Gille, cette équipe de France ne fait pas forte impression et la belle victoire face à la Norvège en ouverture de ce Mondial ne pourra pas éternellement servir de bouclier. ''Nous ne sommes plus l'équipe de France d’il y a dix ans'', a souhaité rappeler un Luc Abalo un poil remonté, lundi soir, contre ceux qui attendent monts et merveilles de cette équipe qui à force de gagner avait banalisé l'exceptionnel dans l'inconscient collectif.

Les dernières grandes compétitions, et surtout l'Euro 2020, ont pourtant normalement dû ramener les plus optimistes à la réalité du moment. Celle d'une équipe de France qui est rentrée dans le rang et à qui il faut désormais laisser le temps de se construire une nouvelle identité, autour de joueurs comme Dika Mem, Nedim Remili et Melvyn Richardson. Au pied des Pyramides de Gizeh, les Bleus alternent jusque-là le bon et le très insuffisant, à l'image de leurs deux dernières prestations inabouties devant la Suisse (25-24) et l'Algérie (29-26). ''Nous avons l’impression d’une équipe qui ne parvient pas encore totalement à se lâcher, ni utiliser à bon escient son potentiel et ses qualités, ou en tout cas seulement par intermittence, analysait Guillaume Gille, encore une fois resté sur sa faim après la copie imparfaite rendue face aux Algériens. Il y a, c’est vrai, un peu de fragilité en ce moment dans notre jeu. Or ce groupe est capable, il l’a démontré contre la Norvège en ouverture. À nous de bosser encore pour retrouver de la fluidité et plus d’enchaînements et de continuité dans notre jeu.''

Les Bleus jouent avec le feu

Le discours se répète depuis bientôt une semaine mais les améliorations dans le jeu des Bleus ne sont pas perceptibles. Au contraire, il semble régressé depuis le coup d'éclat du premier jour. ''Il est grand temps de monter en régime et retrouver notre agressivité des premiers matchs contre la Norvège et l’Autriche, alertait Nicolas Tournat, l'une des rares satisfactions du duel face aux Fennecs. Nous savons très bien ce qui n’a pas marché et l’on va devoir sérieusement se remobiliser, sans laisser de place aux doutes.'' Valentin Porte était encore plus direct. ''Il va falloir faire beaucoup mieux avec les gros morceaux qui arrivent, prévenait le Montpelliérain, toujours exigeant et lucide. On risque de se faire punir à un moment donné.'' Le risque existe en effet qu'à force de jouer avec le feu les Français finissent par se brûler. Même si le programme ne proposera désormais que des gros clients avec l'Islande ce vendredi, le Portugal dimanche puis, espérons-le, un quart de finale le 27 janvier.

Si les partenaires de Michaël Guigou continuent, comme depuis le début de ce championnat du monde, à se mettre au niveau de leur adversaire, alors il ne faut peut-être pas s'inquiéter outre mesure. L'opposition face à l'Islande devrait en cela être révélatrice du réel niveau de ces Bleus. D'autant que les Islandais, dont il faut rappeler qu'ils avaient dominé l'Algérie de 15 buts au tour préliminaire, se sont pris les pieds dans le tapis contre la Suisse (18-20). Presque éliminés de la course aux quarts de finale, les hommes de Gudmundur Gudmundsson, irréguliers mais talentueux, auront à cœur de se racheter et d'être les premiers à faire tomber l'équipe de France en Egypte. Une bonne occasion pour les Tricolores de réenclencher la marche et se rassurer, autant que leurs supporters.

Par Régis Aumont