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EN AVANT LES ARRIÈRES !

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EN AVANT LES ARRIÈRES !
25 janvier 2021
25 janvier 2021

Discrets voire décevants depuis le début du championnat du monde, les arrières français se sont réveillés contre le Portugal. Et on a tout de suite vu la différence.

Jérôme Fernandez, Daniel Narcisse, Nikola Karabatic... Au temps de son apogée, l'équipe de France a toujours pu compter sur ce qui se faisait de mieux en matière d'arrières. Depuis la retraite des deux premiers, seul l'aîné de la fratrie Karabatic, 37 ans au printemps prochain, continue d'écrire l'histoire des Bleus. Malheureusement, opéré d'un genou à l'automne, le triple meilleur joueur du monde (2007, 2014, 2016) n'est pas de la partie en Egypte. Sans lui, les rôles ont quelque peu été redistribués sur le poste d'arrière gauche, d'autant plus qu'Elohim Prandi a lui aussi dû renoncer quelques jours avant le début du championnat du monde. Timothey N'Guessan, un temps banni, est revenu en force sous l'autorité de Guillaume Gille. Romain Lagarde et l'appelé de dernière minute Jean-Jacques Acquevillo suppléent le plus souvent le Barcelonais. A droite, la hiérarchie est plus limpide depuis quelques années. Dika Mem, Nedim Remili et Melvyn Richardson sont les trois « bras gauches » de la base arrière, quand Valentin Porte se mue en ailier pour le bien de la sélection.

Avant le match face au Portugal dimanche soir, les arrières tricolores n'avaient donné satisfaction qu'à de rares occasions. N'Guessan s'était montré volontaire contre la Norvège en ouverture mais avait ensuite dû laisser ses copains en raison de douleurs aux adducteurs. Lagarde semblait timoré, Mem était décevant, Remili branché sur courant alternatif et Richardson encore très loin de son niveau de 2018. Seul Acquevillo, pour sa première grande compétition internationale, mordait dans chaque instant. C'est pourtant le Nîmois qui, dimanche, a fait les frais du retour de N'Guessan. Depuis les tribunes il a pu admirer la masterclass de ses collègues face aux Portugais (32-23), et notamment des arrières enfin au niveau de l'événement.

''Gino (Guillaume Gille) me dit de ne pas hésiter'' (Timothey N'Guessan)

Le revenant N'Guessan (5/6) et Dika Mem (5/7) ont montré la voie à suivre en bombardant le gardien d'origine cubaine Alfred Quintana dès les premières instants. Après un quart d'heure de jeu, les deux complices de Barcelone avaient déjà inscrit huit buts. La défense lusitanienne, si forte dans l'axe central avec ses deux colosses Borges et Iturriza, ne trouvait pas la parade. Essoufflé, N'Guessan pouvait laisser sa place avec le sentiment du devoir accompli. ''J’essaie de jouer avec mes qualités et d’être dangereux de loin, « Gino » (Guillaume Gille, ndlr) me dit de ne pas hésiter, c’est ce que je suis en train de faire, et aujourd’hui (dimanche) cela a plutôt bien marché, confiait l'ancien Chambérien. J’espère qu’il en sera de même en quarts de finale. Je vais très bien, juste un peu le cardio qui doit se remettre en route, mais je vais profiter pleinement des deux prochains jours pour monter en régime.'' Avec un duo N'Guessan-Mem à ce niveau-là, le second enchaînant une deuxième belle prestation après ses sept buts marqués contre l'Islande, alimenté par un Kentin Mahé rayonnant en Egypte, les Bleus peuvent voir loin.

D'autant que Lagarde (3/5) et Richardson (3/3) ont cette fois joué à merveille leur rôle de doublures. Si Remili a connu plusieurs échecs (2/6), le Parisien reste précieux dans d'autres secteurs de jeu. A partir des quarts de finale, c'est un autre tournoi qui va commencer. Avec huit grosses équipes animées par la même ambition de montrer sur le podium le week-end prochain. Pour y parvenir, les Français, qui sauront ce lundi qui des Espagnols ou des Hongrois se dresseront sur leur route mercredi soir, auront encore besoin d'arrières efficaces. La base pour gagner des titres.

Par Régis Aumont