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le 7 juin, 2018

Cédric Sorhaindo lors d'un match de Golden League contre le Danemark. (Panoramic)

L’itinéraire de… Cédric Sorhaindo

Alors qu’il fête ses 34 ans ce jeudi, Cédric Sorhaindo est encore un élément clé de l’équipe de France dont il est le capitaine. Retour sur l’itinéraire de ce pivot pas comme les autres.

Le parcours de Cédric Sorhaindo est l’exemple même de ce qu’est la persévérance et le travail. Genèse d’une épopée qui commence en Martinique.

Du football au handball

Le pivot français n’est arrivé au handball que tardivement. Au départ, il joue à la balle mais avec le pied plutôt qu’avec les mains. Un jour, alors âgé de 15 ans, Cédric se fait virer de l’entraînement. Et c’est tout à fait par hasard qu’il s’arrête devant un match de hand dans les rues de la Martinique. C’est la révélation. Rapidement, son physique de colosse et son jeu sont repérés par les responsables du pôle handball de son île. Plus tard, Angers soupçonne également un talent exceptionnel. Mais les débuts n’ont pas été simples. Arrivé sur le tard, le jeune homme doit rattraper le retard qu’il accuse sur d’autres arrivés plus tôt, et surtout travailler les fondamentaux.

Plaque en fer dans la jambe, mental en acier

Né avec les tibias tordus, Cédric Sorhaindo n’aurait jamais dû (et encore moins pu) courir. Mais une lourde opération subie à 3 ans et sa détermination lui ont permis de surmonter cette épreuve. Doté d’un mental d’acier sur le terrain, Sorhaindo a dû également en faire preuve plusieurs années plus tard lorsqu’il est contraint de quitter le cocon familial à l’âge de 17 ans pour se faire opérer alors qu’il était arrivé quelques mois plut tôt à Angers pour débuter sa carrière pro. Une opération aussi douloureuse que risquée : on lui brise l’un des tibias pour y fixer une plaque de fer ; une technique expérimentale qui n’avait par ailleurs jamais été tentée sur un sportif de haut niveau.
« Personne ne pensait qu’il allait arriver à ce niveau« , raconte Hippolyte Rapon, un de ses premiers coachs en Martinique. « Sa rééducation, il la fait en Martinique. Tous les jours je le voyais s’entraîner. Il n’a jamais abandonné. »

Un guerrier des parquets

Malgré ses 100 kg pour son 1,92 m, Sorhaindo aime se faire petit. Une position qui ne l’a pas empêché de pousser la porte l’équipe de France à l’automne 2005. Depuis, il n’a plus jamais lâché les Bleus jusqu’à en devenir un pilier essentiel, capitaine depuis la retraite internationale de Thierry Omeyer. La première page de son palmarès international s’écrit en 2009, en Croatie, où il arrache le titre de champion du monde avec les Experts. Quelques années plus tard, il doit relever un tout autre défi : assurer la succession de Bertrand Gille, longtemps considéré comme le meilleur pivot du monde. Aujourd’hui, le joueur de Barcelone possède deux médailles olympiques dont une en or, quatre titres mondiaux et deux sacres européens. « Au-delà de son palmarès, Cédric fait surtout preuve d’exemplarité sur le terrain. Et c’est quelque chose que je respecte beaucoup », confie Didier Dinart, son ancien coéquipier avant d’être son sélectionneur.

Tchouf, le grand frère

Déjà apprécié pour son rôle de grand frère dans les vestiaires, Cédric Sorhaindo a donc hérité du brassard de capitaine peu avant l’Euro croate ponctué pour les Bleus par une médaille de bronze. Un choix qui aurait pu en étonner certains étant donné la discrétion du joueur, mais que Didier Dinart explique ainsi : « Il l’a été tout naturellement, il ne l’a pas cherché. Même s’il ne le voulait pas, ses qualités au quotidien lui ont permis de l’être au naturel. » Et à Hippolyte Rapon de conclure : « Cédric c’est un gagnant, un travailleur, un forcené« .

Par Jessica Dufour

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